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Télépolice passe en mode caméra et... payant

Depuis le 1er avril dernier, le système " Télépolice " a fait peau neuve dans la zone de Bruxelles-Midi (Anderlecht, St-Gilles et Forest). Jugé quelque peu obsolète, l'ancien bouton d'alarme placé sous le comptoir des officines a donc laissé place à des caméras de surveillance reliées directement au dispatching de police. Un service certes bien plus sécurisant pour les pharmaciens, cibles fréquentes de braquages, mais qui a aussi perdu sa gratuité en cours de route...

2 mai 2011

Après plusieurs mois de préparation, de mises au point et de rodages, la zone de police Midi (Anderlecht, Forest et Saint-Gilles) a finalement mis en route le nouveau système " Télépolice Vision de télésurveillance " le 1er avril dernier. Suivant l'exemple de ses voisines de Bruxelles-Nord (Schaerbeek, Saint-Josse et Evere) et de Marlow (Auderghem, Watermael-Boitsfort et Uccle), elle est ainsi la troisième zone bruxelloise à remiser au placard l'ancien système d'alarme, visiblement dépassé par les événements.

Le son sans l'image

" Plus de 80 commerçants des communes d'Anderlecht, St-Gilles et Forest étaient déjà reliés à l'ancien système Télépolice ", explique Marie Verbeke, porte-parole de la zone de police Midi. " A l'origine, ce service était proposé aux commerces dits 'à risque', soit les pharmacies, les bijouteries et les librairies. Nous avons ensuite décidé d'équiper également certains autres commerces qui en faisaient la demande, notamment des agences de voyage. Mais avec l'instauration des nouvelles normes en matière de sécurisation des commerces, nous voulions passer à un système doté de caméras de surveillance, qui permettrait d'agir plus efficacement ".

26 officines télésurveillées

Sur les 80 commerçants équipés de ce déficient bouton-poussoir, 50 (dont 26 officines) ont déjà sauté le pas et apposé en vitrine le logo - tout aussi obligatoire que potentiellement dissuasif - signalant la présence de ces caméras de surveillance de Télépolice. " Un écran de contrôle, situé près des dispatchers, reste constamment en veille ", poursuit Marie Verbeke. " En cas de déclenchement de l'alarme, l'opérateur du dispatching peut immédiatement réagir aux images transmises et décrire les agresseurs aux agents envoyés sur les lieux. Autre avantage du système : les images peuvent être saisies et exploitées pour les besoins de l'enquête. En cas d'agression, le commerçant est en effet souvent tellement sous le choc qu'il ne garde que des souvenirs très vagues de ses agresseurs et du déroulement du braquage. "

Coût de l'installation

Venons-en donc au sujet qui fâche : le prix de ce nouveau système. L'arrivée de la première facture en a en effet surpris plus d'un : 150 euros d'installation, 225 euros de caution pour l'appareil, 54,90 euros de frais d'abonnement mensuel et quelques deniers de plus pour une télécommande supplémentaire. Bref, une coquette somme par rapport au coût de l'ancien système, totalement gratuit.

Intervention de la commune

Ce coût mensuel expliquerait en partie le fait que les 30 commerces anciennement équipés n'aient pas (encore ?) répondu au formulaire de demande d'installation. " Certains commerçants hésitent, ne veulent pas payer pour ce service ou n'y voient pas vraiment d'utilité directe s'ils n'ont jamais été victimes d'agressions ", commente Thomas Bernaerts, conseiller en techno-prévention de la commune d'Anderlecht. " Il faut aussi rappeler que, grâce aux mesures gouvernementales en matière de sécurité, les coûts mensuels sont déductibles à 120 % au titre de charges professionnelles. Et pour alléger quelque peu l'addition, la commune d'Anderlecht a décidé de prendre en charge les 150 euros de frais d'installation chez les anciens commerçants. " Sur la chaussée de Mons, on attend en tous cas toujours le remboursement de ces 150 euros, non sans une certaine impatience...

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