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Mylan se veut le partenaire du généraliste

Un demi-siècle après sa création, Mylan est aujourd'hui devenu l'un des principaux acteurs du marché des génériques - et ce tant au niveau belge qu'à l'échelon mondial. Dans notre pays, le nom recouvre depuis peu l'entreprise née de la fusion de Mylan et Docpharma.

24 octobre 2011

Depuis le début du mois, la firme de génériques diffuse tous azimuts des informations sur sa nouvelle structure. " Jusqu'il y a peu, nous étions présents sur le territoire belge avec deux marques : d'une part Mylan proprement dit, issu de la fusion avec la division générique de Merck KGaA (Merck Generics), de l'autre Docpharma ", explique Pascale Engelen, managing director. " Comme les deux portfolios étaient largement complémentaires, nous avons décidé de les fusionner - en partie dans un souci de simplification, car multiplier les marques est une source de confusion pour les médecins et les pharmaciens. Il était toutefois important pour nous de faire savoir à tous que rien ne changerait pour les " utilisateurs " : les produits ont conservé leur forme, ce qui est primordial pour la compliance thérapeutique du patient. Il était également important pour les pharmaciens que le code CNK reste identique, ce qui nous a valu de nombreuses réactions positives de la part du secteur. "

Un vaste portfolio

Depuis la fusion, Mylan est en mesure de proposer un portefeuille très étendu. " Nous sommes aujourd'hui devenu pour le médecin un véritable partenaire qui dispose de médicaments dans tous les domaines thérapeutiques - gastro-intestinal, cardiovasculaire, système nerveux, urogénital, hormonal, infections, ostéoporose, système respiratoire, diabète, douleur et inflammation. " Mylan met également un point d'honneur à n'offrir que des produits de grande qualité. " Nous disons parfois que c'est notre obsession ", commente Pascale Engelen, qui accorde aussi pour sa part une grande importance à l'aspect " service aux médecins ". " Lorsque le brevet d'un médicament arrive à expiration, on remarque que la firme pharmaceutique s'en désinvestit et que ce produit ne bénéficie pratiquement plus d'aucun support auprès des généralistes. Nous venons combler ce vide. " Pascale Engelen note également que ses délégués médicaux sont mieux accueillis qu'il y a quelques années. " Les généralistes sentent bien que nous répondons à un besoin en dispensant de l'information sur nos produits ou en mettant à leur disposition des échantillons qui demeurent importants d'un point de vue social. Nous proposons également des formations pratiques dans des domaines qui intéressent le corps médical, comme celui de la communication avec le patient, nous réalisons des revues de littérature... Bref, nous nous adaptons au médecin et à ses attentes. "

R&D

Malgré une vingtaine d'années de carrière dans le secteur pharmaceutique, Pascale Engelen continue à s'étonner des connaissances souvent limitées en matière de génériques. " Lorsque je demande à un médecin ce qu'il sait de Mylan, il me répondra généralement que c'est un fournisseur de génériques. Ce qu'il ignore, c'est que nous possédons également l'un des plus grands sites de production au monde... et que nous faisons aussi de la R&D, fût-elle d'un autre genre que dans le secteur pharmaceutique traditionnel. Nous investissons chaque année 282 millions de dollars dans cet aspect (sur un chiffre d'affaires de 5,5 milliards). Nos activités de R&D sont axées sur l'amélioration des formes galéniques, des présentations. Mylan a par exemple développé une meilleure technologie pour les patches. "

Tiers-monde

" Les médicaments génériques permettent également de disposer de traitements abordables dans le tiers-monde, où nous les proposons à des prix " accessibles ". C'est l'autre facette des génériques : nous contribuons à ouvrir un accès aux soins de base partout dans le monde, idéalement pour chacun des sept milliards d'humains qui y vivent. " Pascale Engelen défend l'avis quelque peu surprenant que le secteur des génériques et celui des médicaments innovants sont, en réalité, complémentaires. " Commercialiser nos produits à des prix peu élevés permet de libérer des budgets pour la recherche innovante... Mais le modèle doit évidemment rester viable. Moins de molécules sur le marché, cela signifie aussi moins de baisses de prix. Si les autorités continuent à ne chercher de l'argent que dans le secteur du hors brevet, le modèle est voué à s'effondrer. Cela pourrait prendre cinq ans, dix ans, mais c'est une voie sans issue. Les prix ne peuvent baisser que si les volumes augmentent, cela relève des mécanismes normaux du marché. Et c'est là que réside notre plus grande inquiétude, même si Mylan est aujourd'hui une firme forte et compétitive. " Pascale Engelen comprend que les économies frappent également le secteur pharmaceutique... mais pas que ce soient toujours les génériques qui écopent. " Tout le monde comprend tout de même bien qu'il n'est pas possible de continuer à concentrer les économies sur cette toute petite partie du budget des médicaments. Structurellement, ce n'est plus tenable. Il faut créer un marché qui nous permette de grandir. Nos lancements futurs ne pourront être maintenus que s'il y a un marché... Il y a un certain nombre de molécules que nous aimerions bien commercialiser, mais dont nous savons pertinemment qu'elles ne se vendront pas, faute d'incitants : pour les produits de catégorie A, pour lesquels le patient ne paie pas de ticket modérateur, il n'existe aucun stimulant à prescrire un générique. Et la logique économique veut évidemment que, lorsqu'on sait qu'un produit ne sera pas prescrit, on ne le mette pas sur le marché... C'est le risque qui existe à l'heure actuelle. Il faut des incitants qui nous permettent de grandir, de façon à libérer des budgets qui contribueront à assurer la viabilité des soins de santé ", conclut Pascale Engelen.

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