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La Belgique perd du terrain dans la recherche clinique

Chef de file européen dans le secteur de la recherche clinique, notre pays semble quelque peu accuser le coup. Une situation pour le moins inquiétante soulevée lors de la Belgian Pharmaceutical Conference qui s'est tenu la semaine dernière à La Hulpe. La session consacrée à l'" impatient patient " a rappelé l'importance de cette recherche pour notre pays et ses habitants.

23 avril 2012

Si le gouvernement ne vient pas à nous, nous irons nous-mêmes au gouvernement ". Devant l'assemblée réunie à l'occasion de la Belgian Pharmaceutical Conference, Leo Neels, directeur général de pharma.be, n'y est pas allé de main morte. Il faut dire que tant la ministre Laurette Onkelinx censée ouvrir cette grand-messe, que son premier Elio di Rupo designé pour remettre le Prix Galien, figuraient aux abonnés absents. Un mauvais présage pour Leo Neels. Car la situation de la recherche clinique en Belgique n'est guère réjouissante. Si jusque-là, la recherche clinique naviguait à un bon rythme de croisière, la mer semble s'être depuis quelque peu agitée. Jusqu'à présent, notre pays pouvait se targuer de conduire 9 % de l'ensemble des études cliniques menées en Europe. Avec des chercheurs et des centres de recherche de haut niveau (tant au niveau qualitatif que quantitatif), et de nombreux patients et entreprises participants. C'était sans compter la montée en puissance de la Chine, de l'Inde, de l'Amérique du Sud et de plus en plus de pays d'Europe de l'Est. Cette concurrence a l'avantage de disposer d'une large population de patients tout en jouissant de coûts relativement bas. A titre d'exemple, une étude menée en Inde coûte la moitié d'une étude identique lancée aux Etats-Unis. La Belgique a bien vu l'orage venir et a voulu anticiper les choses en fondant 'The initiative to promote clinical trials in Belgium' et en chargeant PwC de dresser un état de la situation belge. Mais le tableau esquissé par la société de consultance n'a pas vraiment rendu le sourire au pharma. Selon les chiffres avancés par Ingrid Maes de PwC, entre 2006 et 2008, le nombre de demande d'autorisation de protocoles d'études a encore connu une légère augmentation, avant de piquer du nez dès la fin de 2008. Pire : entre 2008 et 2011, le nombre total d'études approuvées a diminué de 20 %, avec une baisse supplémentaire de 4 % l'année dernière.

Phase 3

" Il s'agit surtout des études en phase 3 ", a expliqué Ingrid Maes lors de la conférence. " Elles suivent de gros groupes de patients ou vérifient qu'un nouveau médicament a bien l'effet désiré pour une certaine indication. " Et Leo Neels d'embrayer : " Ces études sont absolument nécessaires pour notre pays. Elles permettent à nos patients un accès plus rapide aux nouveaux médicaments. Mais il est aussi important de conserver notre position au niveau économique pour continuer à générer de l'emploi. Cet élan s'est arrêté voici deux ans. Nous ne pouvons plus créer d'emplois dans la R&D, ce qui est particulièrement préoccupant. Nous perdons des protocoles. Une situation liée au patient mais aussi aux autorités de ce pays. Et si le gouvernement ne vient pas à nous, nous irons nous-mêmes au gouvernement. " Le problème réside (aussi) dans le recrutement des patients. Relativement limitée en taille, la Belgique compte beaucoup d'habitants, mais les patients sont répartis entre beaucoup d'hôpitaux et de centres. Cela rend la situation extrêmement complexe, d'autant que le patient n'est généralement guère familier avec la recherche clinique et reste un peu méfiant.

Solutions

Il existe certes des solutions, mais elles demandent certaines adaptations, notamment une simplification administrative. Une procédure avec un seul point de départ serait déjà un bon début. Autre nécessité : disposer d'une seule plate-forme qui permettrait une bonne collaboration entre les hôpitaux et les entreprises pharma. Les chercheurs implorent pour disposer de registres de patients informatisés qui indiquent où trouver des personnes atteints de telle ou telle affection. Les scientifiques devraient en outre se rassembler pour former un réseau d'experts. Il y encore trop de dispersion et trop peu de concertation. Et last but not least, médecins et patients doivent être sensibilisés. Démystifier la recherche clinique pour motiver les médecins et gagner la confiance des patients. Bref, pas mal de pain sur la planche...

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