Itinera va-t-il un peu vite en besogne ?
" Le rapport d'Itinera a le mérite de tenir un certain nombre de positions claires et détaillées sur une question aussi complexe que la politique du médicament en Belgique. Mais il est dommage qu'il reprenne une série de vieux paradigmes sans discernement ".
Si FeBelGen reconnait l'importance des points de discussion soulevés par le rapport d'Itinera, l'assocation coupole des entreprises de médicaments génériques n'est pas vraiment heureuse de son contenu. " Il suggère que les entreprises de génériques ne sont occupées que par la reproduction de médicaments existants, sans prendre trop de risques. Rien n'est moins vrai. Les entreprises génériques ont investi ces dernières années pour plus de 2 milliards d'euros dans la recherche et le développement de biosimilaires, qui sont des alternatives bon marché pour les médicaments biotechnologiques (souvent très chers). Les entreprises génériques vont encore devoir patienter des années avant d'obtenir un retour sur investissements. Elles se développent aussi de plus en plus comme des sociétés hybrides, qui en marge de leurs activités classiques deviennent actives dans le segment de l'innovation ", expose FeBelGen.
Comparaison
FeBelGen pointe aussi du doigt la comparaison avec les mécanismes de marché des Pays-Bas et de Nouvelle-Zélande. " Dans son dernier rapport, Itinera se réfère à ces pays. Ces types de mécanisme permettent en effet à court terme de casser les prix, mais sont néfastes à long terme. Dans un communiqué du 12 janvier dernier, ce même Itinera mettait précisément en garde contre la comparaison des systèmes de prix internationaux. Les prix des médicaments aux Pays-Bas sont effectivement les plus bas au monde et le paysage pharmaceutique est en train de se transformer en un désert. Les patients restent constamment sur la touche parce que leurs médicaments (souvent vitaux) ne sont pas disponibles.
Part de marché
FeBelGen dresse aussi une série de remarques. " Le rapport affirme qu'en Belgique, la part de marché des médicaments génériques est passée de 30 à 40 % entre 2010 et 2011. Nous n'avons trouvé aucune source qui confirme ce chiffre. En réalité, ces chiffres sont bien plus bas. Quoi qu'il en soit, FeBelGen veut tordre le cou à la perception créée suivant laquelle il est possible d'économiser 400 millions d'euros sur les médicaments génériques en Belgique. C'est simplement impossible mathématiquement, alors qu'actuellement le chiffre d'affaires total des médicaments génériques n'est que de 300 millions d'euros. "