Trois pharmaciens et deux médecins condamnés pour trafic de stupéfiants
Après un an d'enquête sur un trafic de stupéfiants mettant en cause deux médecins et trois pharmaciens, le tribunal correctionnel d'Arras (Pas-de-Calais) a rendu son verdict. Les cinq prestataires de soins ont été reconnus coupables, malgré l'argument du traitement de substitution avancé par les avocats de la défense.
Deux ans de prison avec sursis, une suspension de trois mois et 10.000 euros d'amende ont été requis devant le tribunal correctionnel à l'encontre des trois pharmaciens de St Pol-sur-Ternoise impliqués dans ce trafic de stupéfiants. Les deux médecins écopent quant à eux d'une peine plus lourde, avec deux ans de prison, dont un ferme, 30.000 euros d'amende et une interdiction définitive d'exercer.
Une pratique interdite mais courante
Pour les avocats de la défense, les accusations d'escroquerie et de délivrance abusive ne tiennent pas la route. Selon eux, si ce médicament n'est pas prévu à l'origine pour cet usage, il a été prescrit à des toxicomanes comme traitement de substitution. Une pratique qui aurait été validée pendant des années par la Sécurité sociale, plaident-ils. " C'est une technique autorisée dans d'autres pays européens et très utilisée en France. Qu'on puisse accuser les médecins et les pharmaciens d'escroquerie à l'assurance maladie, alors que les remboursements étaient validés par cette même assurance maladie après qu'elle ait eu connaissance du nomadisme, c'est-à-dire des prescriptions par plusieurs médecins à des doses hors normes, c'est la négation même de ce qu'est une escroquerie ".