La pharmacologie : peu sexy et pourtant tellement utile
" Cette année, pour les Journées Médecine d'Anvers, nous avons choisi un sujet plutôt audacieux : la pharmacologie. Audacieux, car pas vraiment sexy... " Les quatre orateurs de la session académique d'ouverture ont pourtant rapidement donné tort au discours introductif du doyen Van de Heyning.
La crise socio-économique, l'evidence based medicine, la balance coûts-bénéfices,... Autant de défis qui rendent la pharmacologie pour le moins passionnante. Est-il encore justifié de continuer à prescrire certains médicaments très chers ? Une question qui est demeurée sans réponse. Mais nous avons eu droit à un survol fascinant sur le développement des médicaments, sur les études cliniques et les stratégies qui prévalent dans le choix des remboursement et la manière de suivre la consommation médicamenteuse d'une population en explorant les bas-fonds...
Baisse de la productivité
Le développement des médicaments ne va pas bien. Le Dr Guy Van Lommen (Galapagos) n'a pas dû insister longtemps. Nous en sommes tous conscients. Le nombre de nouveaux médicaments n'en finit plus de perdre des plumes. Les coûts de développement d'un médicament augmentent de façon exponentielle dans le processus de développement et seul un projet sur 100 lancés aboutira à une molécule active. Mais une fois cette molécule trouvée, le champagne peut couler à flots. Le développement du GLPG0634, un inhibiteur sélectif de JAK1, devrait bientôt mener à un nouveau traitement efficace contre l'arthrite rhumatoïde. Un seul projet de la sorte réussi peut assurer la survie d'une entreprise moyenne.
Un animal n'est pas un homme
La première phase clinique est finie ; restent les trois autres. " Le développement des médicaments est extrêmement important. Pas seulement pour le produit en soi, mais aussi parce que le développement de médicaments nous donne toujours une meilleur vision sur le fonctionnement du corps humain ", estime le Pr Duc Van Bortel. La Belgique est et reste un leader en termes du nombre de participants à des études cliniques précoces. Quant au niveau de la sécurité, " dans notre pays, le plus gros risque en participant à une étude clinique réside dans le trajet en voiture vers l'unité de test ! ". Mais un animal n'est pas un homme. Parfois, les études cliniques prennent fin parce qu'un médicament qui s'était révélé particulièrement efficace chez un animal, ne fonctionne pas chez les humains.
Europe
L'Europe ne peut que constater la baisse de son nombre de nouveaux médicaments. D'ici 2016, la procédure devrait être plus rapide, simple et transparente. Ce qui ne veut pas dire que ce sera le cas pour la fixation des prix. " Nous nous battons pour une value for money claire ", explique Marc Van de Casteele de l'INAMI. " Quel est le prix qu'une société est prête à payer pour un médicament ? "