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La BPCO, chronique et progressive

On estime aujourd'hui que de 500.000 à 700.000 Belges souffriraient de BPCO (Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive). Une maladie chronique qui occupe lentement mais sûrement le terrain et frappe insidieusement. Si à l'échelle mondiale, la maladie est la 4e cause de décès, elle reste néanmoins largement méconnue.

19 novembre 2012

Selon une étude de la Société belge de Pneumologie, 17 % des Belges n'auraient jamais entendu parler de la maladie et seulement 1,5 % affirment en souffrir. Autrement dit, le diagnostic de BPCO n'a pas (encore) été posé chez près de la moitié des patients belges. Les personnes atteintes de BPCO souffrent de voies respiratoires qui se rétrécissent de manière chronique. Le débit des voies respiratoires diminue progressivement, ce qui détériore peu à peu le transport de l'air vers les poumons. A un certain stade, ce rétrécissement devient irréversible et la maladie manifeste. " Dans neuf cas sur dix, la BPCO est causée par le tabagisme (de longue durée). Ce qui explique aussi pourquoi cette maladie survient principalement chez les patients âgés, de 45 ans et plus ", explique le pneumologue Lieven Bedert (ZNA Middelheim).

GOLD

" Auparavant, la BPCO était considérée comme un seul gros groupe de patients, tandis qu'aujourd'hui, nous évoluons, aussi pour les traitements, vers une approche plus adaptée à chaque situation et aux plaintes des patients. Il peut y avoir de grosses différences entre les patients BPCO. Jusqu'à présent, la thérapie se base sur les recommandations GOLD qui reposent sur le volume expiratoire maximum seconde (VEMS), c'est-à-dire la quantité d'air expirée le plus rapidement possible pendant la première seconde. Ces recommandations permettent une classification des patients couplée à des modules de traitement correspondant. Aujourd'hui, il existe une nouvelle proposition pour une nouvelle classification GOLD, qui est certes loin d'être idéale, mais qui constitue déjà une nette amélioration. On se base non seulement sur cette première seconde, mais aussi sur un questionnaire portant sur le nombre de plaintes et d'exacerbations (aggravation des symptômes de la maladie). Les personnes dotée d'une mauvaise fonction pulmonaire mais n'ayant que très peu de plaintes et d'exacerbations, peuvent dès lors être évaluées plus précisément. Cela peut changer à l'avenir l'évaluation et le traitement des patients BPCO. Mais nous n'en sommes pas encore là, car cette nouvelle proposition fait aussi l'objet de nombreuses critiques. "

Arrêter de fumer

" Le plus important traitement de départ de la BPCO est bien entendu l'arrêt du tabac. Bien que ce soit la cause la plus évidente de la maladie, ce n'est pas toujours facile pour tout le monde. La BPCO n'est pas totalement réversible par définition, mais cela ne veut pas dire qu'il n'est pas possible d'obtenir quelques améliorations. On peut certainement y parvenir en cas de diagnostic précoce et d'un traitement adapté. Les plus grandes études (TORCH et Uplift) ont montré que la plus grande perte au niveau du VEMS se produit dans les formes légères de BPCO. "

Oxygénothérapie

L'oxygénothérapie offre aussi une aide précieuse aux patients BPCO à un stade plus avancé. Elle permet en effet une hausse de la pression d'oxygène dans le sang et améliore ainsi la qualité de vie. " Ils prennent ce traitement de préférence une journée durant. Tous les patients BPCO ne rentrent pas dans les critères de remboursement de l'oxygénothérapie. Ceux-ci se basent sur le taux d'oxygène dans le sang et sur d'autres facteurs comme le nombre de globules rouges et/ou l'hypertension pulmonaire. Aujourd'hui, de nombreux patients nécessitant une oxygénothérapie restent donc sur le carreau. "

Transplantation

Le recours récent aux macrolides a marqué une évolution dans le traitement de la BPCO et de l'asthme non allergique. Ce traitement est issu du domaine de la transplantation. " On a remarqué que ces macrolides étaient des broncho-modulateurs. Ils agissent d'une part comme expectorant, d'autre part comme anti-inflammatoire. Ces dernières années, ce traitement est devenu à la mode et a fait l'objet de plus en plus d'études scientifiques. Les macrolides sont en réalité de 'vieux' médicaments qui sont depuis longtemps tombés hors brevet. Leur effet bénéfique sur certains patients BPCO et asthmatiques a été noté dans la pratique sur les patients le recevant après avoir subi une transplantation pulmonaire. Dans ces cas, les macrolides sont utilisés pour lutter entre autres contre les rejets. Mais ils se sont aussi révélés efficaces chez les patients atteints d'autres infections pulmonaires. Ces effets doivent encore être confirmés par de grandes études. Certains experts ont également relevé l'action antibiotique de ces macrolides. "

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