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Toute substance toxique est une arme potentielle

En déclarant la semaine dernière que " n'importe quel produit toxique peut devenir une arme chimique ", l'OMS a vraiment mis le doigt sur le problème... car plus l'éventail est vaste, plus il est difficile de déterminer rapidement à quoi on a affaire et quel antidote utiliser ou prévoir à titre de précaution. L'Organisation Mondiale de la Santé a néanmoins rédigé un document technique en vue d'assurer aux patients touchés la meilleure prise en charge possible.

Desirée De Poot - 2 septembre 2013

Les armes chimiques ne sont pas une invention nouvelle : les dérivés chlorés, le gaz moutarde et les divers autres agents toxiques utilisés au cours de la 1e Guerre Mondiale (ou, plus récemment, de celle du Vietnam) sont encore dans toutes les mémoires. Ce type d'arme peut se présenter sous forme solide, liquide ou gazeuse. Si la plupart sont susceptibles de provoquer des symptômes bien reconnaissables, elles ont aussi souvent en commun divers effets moins spécifiques tels qu'irritations oculaires, démangeaisons au niveau du nez ou de la peau, toux, difficultés respiratoires, yeux larmoyants, salivation excessive, besoin d'uriner, nausées, vomissements, vision trouble, douleurs musculaires, désorientation, perte de connaissance... Même une faible quantité de produit peut déjà avoir un impact considérable, et il suffit parfois de quelques bouffées ou d'un simple contact cutané pour provoquer le décès de la victime à brève échéance.
Le chlore est facile à reconnaître à l'odeur. Ses effets ne se manifestent généralement pas tout de suite : ce n'est qu'après 12 à 24 heures qu'on assiste à l'apparition d'un oedème pulmonaire. Il en va tout autrement du gaz moutarde ou ypérite, inodore et incolore, qui prend ses victimes complètement par surprise. En quelques minutes, il provoque l'apparition de cloques sur la peau, d'une cécité lorsqu'il se dépose sur les yeux et de problèmes pulmonaires qui se font parfois attendre quelques heures. Si le souvenir de ces horreurs appartient déjà à un passé relativement lointain, celui du gaz sarin est encore particulièrement vivace. Absorbé par la peau, les muqueuses et les voies respiratoires, le produit est aussi soluble dans l'eau et les aliments liquides. Les personnes qui y sont exposées n'ont guère de chances d'en réchapper indemnes : elles commencent à transpirer, sont prises de vomissements, de diarrhée, d'incontinence, ont du mal à respirer, sont frappées de confusion et, dans le pire des cas, de convulsions suivies d'une perte de conscience annonçant une issue fatale.
La Convention de 1993 interdit la fabrication, le stockage, le transport et l'utilisation d'armes chimiques à l'échelon mondial... mais on a assez vu ces derniers jours combien un tel accord est vain. D'après Médecins sans Frontières, une attaque au moyen de substances toxiques aurait fait 355 morts et 3.600 blessés la semaine dernière à Damas. Au vu des symptômes des victimes, le recours aux armes chimiques ne fait hélas aucun doute.

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