France: SMR sur les médicaments dès juillet 2014
Selon l'APM, le ministère des Affaires sociales et de la Santé travaille sur un décret et un arrêté visant à faire figurer le service médical rendu (SMR) des médicaments remboursables sur la boîte d'ici à quelques mois.
Tenue d'été de rigueur
Le projet de décret envisagerait une application au 1erjuillet 2014, date qui coïncide avec celle de la disparition de la vignette, encore une fois reportée. Un report qui s'explique partiellement par la difficulté de création d'une base de prix opposable par le comité économique des produits de santé (CEPS). La concordance de temps SMR versus vignette ne serait donc que fortuite, les syndicats des officinaux se concertant toujours avec la direction de la sécurité sociale (DSS) sur les conséquences de cette suppression. Le projet d'arrêté précise quant à lui l'aspect de l'estampille SMR et les modalités pratiques, tel le délai d'écoulement.
Des pharmaciens désemparés
Les syndicats de pharmaciens ne sont ni informés ni, à fortiori, associés à la réflexion du gouvernement sur l'apposition du SMR. Le président de la FSPF, Philippe Gaertner, a rappelé que les pharmaciens étaient " l'interface entre le médicament et le patient ". Àce titre, rencontrer les acteurs de la réforme et la commission de transparence (CT) permettrait aux pharmaciens de comprendre l'évaluation afin d'être mieux préparés. Expliquer le SMR aux patients curieux d'y voir plus clair dans cette transparence ne coule pas de source.
Informer sur l'éphémère SMR , sans fausse-note
Car la question est là : informer sur un SMR dont on annonce déjà le remplacement par l'ITR (intérêt thérapeutique relatif) à compter du 1er janvier 2015...et informer sur le prix en dépit de l'absence de vignette comme le soulignent Gilles Bonnefond, président de l'USPO, et Philippe Besset, vice-président de la FSPF, voilà un exercice virtuose.
Gilles Bouvenot, président de la CT, estime que, " dans une société comme la nôtre où l'on réclame plus de démocratie sanitaire ", il n'est pas suffisant que le patient sache à combien s'élève la note du remboursement. Il est indispensable qu'il sache la note de SMR. Pour la pratique de comptoir, voici le message qu'il préconise en délivrant un médicament à SMR faible : " celui-ci est indispensable à votre état de santé, mais n'en attendez pas des performances extraordinaires "
Une légère fausse note pour Patrick Erard, président du Leem (Les entreprises du médicament) qui doute à son tour de l'efficacité du message : " dire au comptoir je vous le donne mais il ne va pas bien marcher, je ne le sens pas bien ".