Un algorithme pour la prise en charge de l'arthrose en Europe
L'équipe de Liège sous la houlette du Pr Jean-Yves Reginster vient de présenter un algorithme décisionnel pour la prise en charge de l'arthrose au World Congress on osteoporosis, osteoarthritis and musculoskeletal diseases qui se tient actuellement à Séville. " L'objectif n'est pas de réécrire les recommandations de l'ACR ou d'autres sociétés savantes mais d'aider les médecins à s'y retrouver en proposant un fil rouge clair et adapté aux patients européens ", a souligné le Pr Reginster.
L'arthrose devrait bientôt affecter près de 30% des plus de 65 ans. Face à cette montée inquiétante, la communauté médicale se mobilise pour en faire une maladie gérable avec de vraies solutions thérapeutiques et non plus une fatalité inéluctable. De grandes sociétés savantes comme l'ACR (2012), l'EULAR (2003), l'OARSI (2014) et le NICE (2014) ont publié des recommandations très formelles, mêlant les approches pharmacologiques et non pharmacologiques, mais pour le Pr Reginster, " celles-ci sont parfois difficiles à transposer simplement parce qu'elles sont rédigées à l'attention de cliniciens américains qui soignent des patients américains ou ne prennent pas en compte les " effect size " des différents traitements ou les rapports coûts/bénéfices mentionnés dans les dernières études ".
Proposer un fil rouge
C'était l'objectif de cette task force composée majoritairement de rhumatologues européens et d'épidémiologistes. Pour le Pr Reginster, " nous voulions avant tout aider le clinicien à s'y retrouver facilement dans les recommandations existantes. Pour se faire, nous avons systématisé l'approche par un algorithme décisionnel dont les différentes étapes s'inspirent des recommandations publiées ". L'étape 1 se focalise sur les interventions non pharmacologiques, correction de la posture, perte de poids ....dont il ne faut pas sous estimer l'impact. L'approche 2 aborde les traitements symptomatiques (paracétamol, AINS, opioïdes) et la manière de les prescrire (posologies, durée du traitement...) sans omettre les SYSADOA, ce nouvel acronyme qui désigne les " Symptomatic Slow Acting Drugs in OsteoArthritis ", dont fait partie la glucosamine, la chondroïtine et l'acide hyaluronique. La chirurgie n'est pas oubliée, arthroplastie ou ostéotomie en solution ultime lorsque toutes les autres approches ont échoué et que la qualité de vie du malade est gravement affectée.
Un outil facile à utiliser et transparent quant aux chances de succès du traitement, ses indications et contre-indications, sa tolérance... Un outil qui se veut dynamique considérant l'évolution rapide des connaissances en la matière.