Le repositionnement de médicaments pour lutter contre la grippe

La technique du repositionnement de médicaments consiste à identifier et valider rapidement de nouvelles générations d'antiviraux plus efficaces et traitant un plus grand spectre de maladies. Un essai clinique de phase 2 vient d'être lancé.
Une équipe franco-canadienne (Inserm, Université de Laval) a développé et validé une stratégie innovante consistant à identifier et exploiter directement des échantillons infectieux dans le but de sélectionner et d'utiliser des médicaments déjà commercialisés pour soigner d'autres virus. C'est ce que l'on appelle le "repositionnement de médicaments".
Cette démarche originale et accélérée est bien adaptée aux infections respiratoires aiguës, expliquent ses concepteurs, et elle jouit d'avantages réglementaires et financiers évidents par rapport au processus long et coûteux du développement classique de nouvelles molécules.
L'équipe a mis au point une plateforme de "Drug discovery" qui a permis d'identifier le diltiazem, initialement utilisé pour pathologies cardiaques, comme anti-infectieux pour le virus de la grippe. Elle vient de lancer, en janvier dernier en France, un essai clinique de phase 2, Flunext, pour évaluer l'efficacité du diltiazem en combinaison avec l'antiviral oseltamivir dans le traitement des grippes sévères. Il vise à inclure 300 patients dans 10 services de réanimation, sur 2 périodes d'épidémie. Les premiers résultats sont attendus pour 2019.
Ce programme de recherche se penchera ensuite sur le virus respiratoire syncytial et le métapneumovirus.