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La vente de médicaments de deuxième main, un véritable fléau

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Mardi dernier, l'AFMPS a fait fermer une annonce de revente illégale de médicament sur le site 2ememain.be. Le revendeur offrait le produit à plus de 30 euros, soit largement plus cher qu'en pharmacie.

Salwa Boujour - 11 septembre 2018

Depuis l'apparition d'internet, la revente de médicament en ligne bat son plein. Mardi passé, l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) a dû fermer une annonce de revente de médicaments sur le site 2ememain.be. L'utilisateur proposait un somnifère à plus de 30 euros. Un prix supérieur à celui indiqué en pharmacie. L'Agence rencontre quelques cas similaires par an. Coline Wellemans, membre de la division de communication de l'AFMPS explique: " Il arrive, en effet, que les patients revendent des médicaments dont ils n'ont plus besoin ou que des fraudeurs se fassent passer pour de faux patients voulant revendre". 50% des médicaments vendus en ligne sont contrefaits. Les médicaments sont en général envoyés sans notice et sans l'emballage d'origine. Ils sont également plus onéreux que ceux disponibles en pharmacie. En 2010, la différence de prix s'élevait en moyenne à 34,5%.

L'Agence réagit promptement grâce à une efficace collaboration avec le site 2ememain.be pour faire retirer l'annonce. La plupart des médicaments faisant l'objet de reventes concernent des somnifères, des pilules contraceptives ou des médicaments usités lors de voyages.

Quelle sanction pour les revendeurs?

D'après l'AFMPS, les internautes qui se livrent à ce type de reventes illégales s'exposent, dans le cas des somnifères, à une amende allant de 8.000 euros à 800.000 euros et à des peines de prison. Effectivement, cette activité constitue une infraction à l'arrêté royal du 6 septembre 2017 qui réglemente les substances stupéfiantes, psychotropes et soporifiques.

La revente de produit hormonaux enfreint l'arrêté royal du 12 avril 1974 relatif à certaines opérations concernant les substances à action hormonale, anti-hormonale. Le revendeur risque, dans ce cas, une amende de minimum 24.000 euros et une peine de prison.

" Les magistrats donnent néanmoins des sursis pour les petits dossiers puisque le montant minimum est important ", ajoute Coline Wellemans. Dans le cadre de cette affaire, un dossier a été ouvert contre le vendeur.

La Belgique, porte d'entrée des contrefaçons

Alain Chaspierre, porte-parole de l'Association pharmaceutique belge (APB), affirme que dès que le médicament quitte le circuit officiel, il doit être détruit. En effet, l'une des raisons de cette destruction réside en l'impossibilité de vérification quant à la conservation des médicaments par les patients. Elle vise également à empêcher l'introduction de contrefaçons dans le circuit.

Les médicaments falsifiés ne contiennent pas les substances actives nécessaires pour parvenir à l'effet thérapeutique escompté, et les dosages peuvent être incorrects. Plus grave encore, des substances nocives y sont régulièrement retrouvées. Ainsi, la présence de mort-aux-rats a déjà été décelée dans des hypotenseurs.

Alain Chaspierre précise qu'une directive européenne sur les "Falsified medicines " entrera en vigueur au mois de février 2019. Elle prévoit des codes-barres d'identification sur les médicaments remboursés et soumis à prescription. Les pharmacies s'équipent actuellement de nouveaux lecteurs de codes-barres qui assureront la traçabilité des médicaments. " Quand le pharmacien scannera le produit, il saura directements'il est conforme ou falsifié " détaille le porte-parole. Jusqu'à présent, dans le circuit officiel, aucun médicament falsifié n'a été détecté. Par contre, aux frontières, on découvre chaque année des médicaments falsifiés. Plus largement, un médicament sur dix serait falsifié au niveau mondial. La Belgique constitue, malheureusement, une plaque tournante pour les fraudeurs étant donné sa position géographique stratégique. Mais Internet demeure le lieu d'achat le plus risqué.

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