Les analgésiques pendant la grossesse ne provoquent pas d'asthme

Plusieurs études épidémiologiques indiquent une relation positive entre l'exposition prénatale au paracétamol et un wheezing/de l'asthme chez l'enfant. Ceci s'applique-t-il uniquement au paracétamol, et y a-t-il un lien de causalité ?
Les auteurs se sont basés sur le registre de santé suédois (n=492 999) et sur des banques de données connexes pour étudier la relation entre l'utilisation d'analgésiques pendant la grossesse et le risque d'asthme. Après correction pour des facteurs interférents, il est apparu que les opioïdes, les antimigraineux et le paracétamol étaient liés à l'asthme chez les enfants, et ce à tout âge. À l'âge de 4 ans, les OR pour l'asthme/le wheezing étaient de 1,39 (1,30-1,49), 1,19 (1,01-1,40) et 1,47 (1,36-1,59) pour les analgésiques respectifs. L'analyse de contrôle des pères n'a pas révélé de facteurs interférents sur le plan génétique, pas plus que dans l'environnement commun. La comparaison de jumeaux a révélé des facteurs interférents chez les mères, suite à quoi les OR pour l'asthme à 4 ans tombaient à 0,91 (0,62-1,31), 0,50 (0,17-1,45) et 0,80 (0,50?1,29).
Ceci amène les auteurs à conclure que les analgésiques pendant la grossesse ne sont pas responsables d'asthme/de wheezing chez les enfants, mais que la relation est "perturbée" par des facteurs non mesurables propres à la mère, comme la douleur chronique ou l'anxiété.
Shaheen SO et al. Prescribed analgesics in pregnancy and risk of childhood asthma. Eur Resp J 2019, March 19. DOI: 10.1183/13993003.01090-2018