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Ostéoporose : trois femmes à risque sur quatre ne sont pas traitées

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Une étude transversale révèle un écart en matière de diagnostic et de traitement de l'ostéoporose en Europe, y compris en Belgique. Elle démontre que trois femmes sur quatre qui présentent un risque de fractures de fragilité ne sont pas traitées pour cette pathologie.

15 septembre 2019

Cette nouvelle étude, initiée par la société Amgen, avait pour principal objectif d'évaluer la proportion de patientes à risque accru de fracture de fragilité qui ne recevaient pas de médicament contre l'ostéoporose.1

Les résultats ont été présentés juste avant l'été, lors du Congrès mondial sur l'ostéoporose, l'ostéoarthrite et la maladie musculosquelettique qui s'est tenu à Paris.

Réalisée dans huit pays européens (la Belgique, la France, l'Allemagne, l'Irlande, la Pologne, la Slovaquie, la Suisse et le Royaume-Uni), cette recherche a inclus 3.798 femmes âgées de 70 ans (âge médian de 77 ans) après que ces dernières aient consulté spontanément leur médecin généraliste pour une raison quelconque, non spécifiquement liée à leur santé osseuse.

Un bel apport belge

De mars à octobre 2018, 23 médecins généralistes belges ont participé à l'étude et 437 patientes, soit 11,5% de l'échantillon, venaient de Belgique.

" Les chercheurs m'ont contacté en me demandant d'identifier une vingtaine de médecins susceptibles de contribuer à ce travail ", raconte le Dr Stéphane Heijmans, généraliste depuis 1983 à Linkebeek et fondateur en 2001 de ResearchLink.be, un réseau qui rassemble actuellement une centaine de médecins généralistes formés à la recherche clinique et aux bonnes pratiques dans le domaine2.

" En moyenne, nous prenons part à cinq ou six études par an dont certaines, comme celle-ci, plutôt observationnelles mais aussi d'autres de phase 2, 3 et 4 pour tester des médicaments. Précédemment nous avons déjà collaboré avec Amgen pour des essais à caractère thérapeutique versus placebo ce qui complique le recrutement des patients. Ici, comme il s'agissait d'une étude observation-nelle, c'était beaucoup plus simple. Chacun de nous devait trouver une vingtaine de sujets acceptant que leur données anonymisées soient utilisées à des fins de recherche. "

" Les données démographiques des patientes, leur historique de traitement et les facteurs de risque cliniques ont été recueillis à l'aide de questionnaires et des données de leurs dossiers médicaux autodéclarés. "

Sous-diagnostic et non traitement

L'étude, en situation réelle, sur la prise en charge de l'ostéoporose en soins de première ligne a tout d'abord révélé que près de 55% des patientes étaient considérées comme présentant un risque accru de fracture de fragilité. Ce risque a été défini par au moins un antécédent de fracture après l'âge de 50 ans, le score FRAX® qui évalue la probabilité sur les dix prochaines années de fracture de la hanche et de fracture ostéoporotique majeure au-dessus des seuils FRAX® spécifiques au pays, et les résultats de densitométrie osseuse avec comme référent le score T de densité minérale osseuse de -2,5 ou moins.

" Parmi les 2.077 femmes identifiées comme présentant un risque accru de fracture de fragilité, 75%, soit 1.550 n'ont pas bénéficié de traitement médical pour l'ostéoporose ", poursuit le Dr Heijmans. " En outre, l'étude a montré que parmi ces patientes non traitées à risque de fracture, 85%, soit 1.318, n'avaient aucun diagnostic enregistré d'ostéoporose. Cet écart en matière de traitement était beaucoup plus faible chez les patientes avec un diagnostic enregistré d'ostéoporose que chez les patientes sans diagnostic enregistré. "

Vigilance accrue

" Globalement, les résultats sont similaires au niveau belge ", ajoute le Stéphane Heijmans qui, en tant que généraliste, se dit surpris à la fois par l'importance de la prévalence de l'ostéoporose révélée par cette étude de grande envergure mais surtout par l'amplitude du sous-diagnostic de celle-ci. " Je pensais que les patientes à risque fracturaire étaient davantage identifiées. "

" Avec l'allongement de l'espérance de vie et le vieillissement croissant de la population, il est essentiel que le corps médical intègre ces données afin de préserver la qualité de vie des patients en les protégeant des conséquences importantes de cette affection invisible ", conclut le Dr Heijmans. " On sait bien, par exemple, qu'une fracture du col du fémur peut occasionner l'entrée en maison de repos. D'où l'importance de pouvoir intervenir avant. D'ailleurs, depuis que je connais le résultat de l'étude, dans ma pratique, je recherche plus souvent l'ostéoporose. "

1. Pour de plus amples informations sur cette étude en attente de publication, il convient de contacter Amgen www.amgen.com

2. www.researchlink.be/

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