Le nombre de pharmaciens indépendants en nette diminution

Les pharmaciens indépendants créent de l'emploi : sur 60.000 employés actifs dans le secteur des soins, près d'un quart travaillent pour eux ! Ce constat est particulièrement vrai en région bruxelloise.
C'est ce qu'il ressort du dernier rapport de la Federatie Vrije Beroepen (FVB), consacré à l'évolution du nombre de titulaires d'une profession libérale. Parmi les membres de la coupole figure notamment l'APB.
L'analyse de la FVB se base sur les statistiques de l'Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants (Inasti) et les données de l'office national de la sécurité sociale (ONSS).
Beaucoup de femmes
Le secteur des soins est particulièrement riche en titulaires de professions libérales, puisqu'environ un tiers du contingent total (110.510 personnes) sont des médecins, pharmaciens, infirmiers et autres soignants indépendants. On y trouve globalement une proportion de femmes supérieure à la moyenne, même si ce n'est que parmi les paramédicaux et les pharmaciens (57,17 %) qu'elles sont vraiment majoritaires.
Entre 2008 et 2018, il y a toutefois eu un net recul (-16,39 %) du nombre de pharmaciens indépendants : alors que notre pays en comptait encore 3.845 en 2008, leur nombre avait diminué de 630 une décennie plus tard - la baisse la plus marquée de toutes les professions libérales. Le nombre de pharmaciens masculins est ainsi passé de 1.703 à 1.377 entre 2008 et 2018, celui des pharmaciennes de 2.142 à 1.838 (-14,19 %).
Pensionnés actifs
En 2018, on dénombrait donc dans notre pays 3.215 pharmaciens indépendants, dont le gros (1.497) étaient âgés de 45 à 60 ans. La majorité (1.829) étaient actifs en Région flamande, 1.098 en Wallonie et 279 en Région bruxelloise. Parmi eux, 2.540 exploitaient leur officine sous statut d'indépendant à titre principal et 190 sous statut d'indépendant complémentaire ; 485 (soit 15 % du total ! ) étaient des retraités encore en activité. La profession se situe nettement au-dessus de la moyenne sur ce plan, puisque les titulaires de professions libérales toutes catégories confondues ne sont " que " 8,88 % à rester actifs après l'âge légal de la retraite. D'après la nouvelle analyse, la pharmacie serait même l'un des secteurs les plus populaires pour débuter une activité indépendante après la pension...
Enfin, 104 pharmaciens ont ouvert une officine au cours de l'année 2018 (11,11 % de moins que l'année précédente), tandis que 95 ont fermé la leur.
Un taux d'emploi élevé
" Bruxelles est un centre commercial important qui accueille non seulement une population conséquente, mais aussi un flux de navetteurs qui y travaillent mais n'y habitent pas et qui font volontiers un saut à la pharmacie en sortant du bureau. Ces facteurs expliquent pourquoi les officines bruxelloises emploient davantage de personnel ", commente le viceprésident de l'APB, Lieven Zwaenepoel. En sus d'un certain nombre de grosses pharmacies, on trouve toutefois également encore dans la capitale un nombre non négligeable de structures plus petites.
Lieven Zwaenepoel confirme la féminisation de la profession et souligne son importance pour le marché de l'emploi. " À l'exception du secteur des TIC, les pharmaciens représentent le plus gros employeur parmi tous les titulaires de professions libérales. Les officines belges emploient environ 18.000 personnes 11.000 pharmaciens, sans compter les fournisseurs. Les chiffres remettent aussi en perspective la problématique des pharmacies en ligne. Celles-ci suscitent des inquiétudes disproportionnées, alors qu'elles n'emploient pas plus de 150 salariés. "
Le vice-président de l'APB juge également positif que, en dépit des incertitudes et évolutions actuelles et de la baisse du nombre d'officines, on dénombre tout de même encore pas mal de starters - et il ne parle pas, ici, de ceux qui se lancent après la retraite d'après les statistiques de la FVB. " Ce groupe se compose vraisemblablement surtout de personnes qui ont autrefois travaillé sous statut indépendant et décident, après la retraite, de mettre leur officine en société ", expliquet-il. " La bonne nouvelle, c'est que le nombre de starters est plus élevé que celui des pharmaciens qui arrêtent. Les officines continuent donc à attirer de jeunes entrepreneurs. "