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Il faut sauver les plantes médicinales

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Il est près de minuit sur l'horloge de l'Apocalypse et les plantes médicinales subiront également les conséquences du réchauffement planétaire : nombreuses sont celles qui sont ou seront menacées d'extinction locale ou globale ou qui verront leur composition phytochimique évoluer.

23 février 2020

Tous les jours, les médias bruissent des mises en garde relatives aux conséquences négatives du changement climatique et relaient les messages d'alerte des scientifiques. Une équipe internationale de chercheurs spécialisés en botanique, médecine traditionnelle, sciences de la vie, sciences pharmaceutiques et phytothérapie, attire l'attention sur les plantes médicinales.1 Ils rappellent qu'en 1992, près de 1.600 scientifiques avaient lancé un premier avertissement sur les conséquences dramatiques sur l'atmosphère, les ressources environnementales et la biodiversité en général. Quinze ans plus tard, ils étaient plus de 15.000 issus de 184 pays à signer un second appel devant une situation qui continuait à s'aggraver.

Pour Wendy Applequist et al., les plantes médicinales peuvent être menacées par les modifications relatives aux tempéra tures et précipitations, par la perturbation des relations commensales et par l'augmentation des nuisibles et des agents pathogènes, combinées à la fragmentation anthropique (artificielle) de l'habitat qui empêche la migration. De plus, les espèces médicinales sont souvent récoltées de manière non durable, et cette combinaison de pressions pousse de nombreuses espèces à l'extinction.

En 250 ans, près de 600 espèces de plantes ont déjà disparu, d'autres sont en mauvaise posture comme le Ginseng américain (Panax quinquefolius L.) pour lequel la demande est telle que les récoltes illégales entraînent son déclin en abondance et en taille.

Autre souci : les conditions météorologiques plus extrêmes (sécheresse intense, fortes pluies, vague de chaleur et coup de froid) peuvent entraver la croissance et la reproduction des plantes, mais elles peuvent aussi modifier leur composition phytochimique, affectant leurs propriétés pharmaceutiques et influençant la qualité voire la sécurité de leur utilisation. Par exemple, la teneur en isoflavone du soja est réduite lorsqu'il est cultivé à des températures élevées (même si certains facteurs peuvent contrecarrer cet effet). Quant au contenu oléagineux de certaines plantes et la proportion relative d'acide gras hautement insaturés, ils peuvent être diminués lorsqu'elles sont cultivées à des températures plus élevées.

1. Planta Med 2020 ; 86 :10-18

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