La reine des villes

Dès sa première virée vénitienne, il y a un quart de siècle, Luc Bosman (69 ans) est tombé amoureux de la vie et des histoires de La Serenissima. " J'ai arrêté de compter le nombre de fois où je m'y suis rendu et pourtant, dès que je foule le sol de l'aéroport Marco Polo, je me sens comme à la maison ", déclare l'ancien pharmacien de Kieldrecht. " Venise n'est jamais ennuyeuse. Pour moi, c'est la ville la plus unique au monde. "
Cette première rencontre avec la Cité des Doges était toutefois totalement fortuite. " En tant que pharmacien, j'ai eu une carrière riche en expériences : à côté de l'officine de mon village, j'ai aussi travaillé à temps partiel pour Unda et VSM, deux entreprises spécialisées dans les médicaments homéopathiques et à base de plantes. C'est à ce titre que je me suis rendu, dans les années 90, en voyage d'affaires chez un client italien. Par chance, les vols vers Venise étaient moins chers que les autres et j'ai pu y rester pour le week-end. " Son amour de la ville s'est vite mué en passion, à tel point que Luc Bosmans est aujourd'hui un visiteur régulier de la Cité des Doges...
Les nombreuses pharmacies de la ville regorgent de secrets
De conférencier à guide touristique
À force de se rendre chaque année dans la lagune, armé d'une curiosité à toute épreuve et d'une envie de partager ses connaissances, Luc Bosmans donne aujourd'hui des conférences sur Venise.
" Pendant mes conférences, quand je demande au public combien ont déjà visité Venise, de nombreuses mains se dressent, mais quand j'interroge sur le nombre de personnes ayant vraiment séjourné là-bas, il n'en reste plus que quelques unes. En d'autres mots, tous ont vu San Marco et Rialto, mais ne connaissent pas les histoires passionnantes sur les saveurs et la culture gastronomique. "
Cette passion pour Venise a pris un autre tour depuis quelques années, notre homme encadrant aujourd'hui des voyages dans la Cité des Doges. " Notre section du fonds David organise chaque année une excursion d'un jour. Bien entendu, tous connaissent mes liens étroits avec Venise. L'idée a donc germé de monter une sortie. Je n'y croyais pas trop au début, jusqu'à ce que je voie les inscriptions affluer. Une petite trentaine de personnes ont souhaité visiter la lagune en ma compagnie, et ils en sont revenus très enthousiastes ! "
Potions à ciel ouvert
Luc Bosman en connaît, des histoires vénitiennes. Chaque rencontre lui apprend quelque chose de nouveau, explique-t-il. Même les nombreuses pharmacies de la ville regorgent de secrets. " L'intérieur de la pharmacie de la Strada Nuova (Farmacia All'Ercole d'Oro) est l'une des plus anciennes de la ville, même s'ils vendent aujourd'hui des parfums. A Ca'Rezzonico, tout a été construit au-dessus d'une ancienne pharmacie, mais la collection du musée est tellement riche et notre guide a tant à en dire qu'il ne reste pratiquement plus de temps pour la pharmacie. Connaissez-vous l'histoire de la Theriaca ? Sur le Campo San Stefano, on trouve encore des traces de mortier de fer, utilisé pour la préparation (à ciel ouvert) de ce médicament contre les bobos, composé de 75 ingrédients, dont la corne et le mercure. Quant à l'église de San Bartolomeo, une bande lumineuse y signale le nombre d'habitants toujours en vie. À chaque fois que quelqu'un meurt, le nombre baisse... "
* Vous voulez entendre d'autres histoires de Luc Bosmans sur Venise ? Rendez-vous sur sa page Facebook www.facebook.com/pages/category/Personal-Blog/Buongiornissimo-het-Italië-van-Marina-Luc-1980489692025939/
Galien et Vésale
La Scuola Grande di San Marco renferme elle aussi son lot d'histoires médicales. Dans l'ancienne salle capitulaire, vous trouverez une série d'instruments chirurgicaux, ainsi qu'une riche collection d'ouvrages, comme les travaux de Galien, de Nicolas Andry de Boisregard (" Orthopédie ", paru à Bruxelles) et d'André Vésale. Le musée d'Anatomie pathologique adjacent lui est d'ailleurs consacré (accès par l'entrée principe de l'hôpital San Giovanni e San Paolo). Cet établissement se situe sur le site d'un des quatre hôpitaux historiques de la Cité des Doges (Incurabili, Mendicanti, Derelitti en Pietà). Leur fonction était double : soigner les malades et accueillir les orphelins, à qui étaient souvent donnés des cours de chant ou de musique.