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L'hôpital sous le spectre des pénuries

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A l'hôpital, les pharmaciens sont plongés au coeur de la crise du coronavirus et font front. Dominique Wouters des Cliniques Saint-Luc à Bruxelles revient sur le " coup de gueule " de l'Absym et avance des pistes de travail pour le déconfinement des activités hospitalières.

5 mai 2020

" Les pharmaciens sont relativement prévoyants et, dès le mois de janvier, on a essayé de stocker plus de médicaments mais on a quand même été surpris par la surconsommation des patients Covid (curare, benzodiazépines ...). Nos 1 à 3 mois de stock n'ont pas tenu longtemps vu le nombre de patients hospitalisés aux soins intensifs et vu leur consommation médicamenteuse beaucoup plus importante que celle d'un patient 'normal' en SI ", explique Dominique Wouters, responsable de la pharmacie des Cliniques Saint-Luc (Bruxelles) et vice-présidente de l'Association belge des pharmaciens hospitaliers (ABPH).

Dès l'arrivée des premiers patients, les pharmaciens se sont rendu compte qu'il fallait réagir, d'autant que tous les pays consommaient les mêmes produits. " On savait qu'il y aurait de grosses ruptures, c'est pour cela que l'Association belge des pharmaciens hospitaliers a pris contact avec le cabinet De Block et avec l'AFMPS pour trouver des solutions. Un groupe de travail a été créé pour dégager toutes les molécules nécessaires à la prise en charge de ces patients et évaluer les stocks nationaux ".

Pour l'instant, la pharmacie des Cliniques Saint-Luc ne souffre pas de pénurie, l'approvisionnement étant assuré par 2 types de stock : " Le stock stratégique pour les molécules manquantes et, dans les sociétés pharmaceutiques, on a un quota correspondant au nombre de lits SI réservés aux covid et aux non covid. De plus, y a une adresse mail, coronashortage, où on peut signaler nos difficultés ".

Pour Dominique Wouters, ces différentes actions ont permis de pallier aux pénuries. D'où un certain étonnement devant le " coup de gueule " du Dr Devos, président de l'Absym1: " Je ne comprends pas pourquoi il s'est énervé comme ça parce que je pense que toutes les pharmacies hospitalières ont signalé aux médecins les pénuries, qu'on allait peut-être manquer de la forme habituelle de curare, mais que d'autres seraient disponibles... Moi, j'ai tout de suite mis à disposition un pharmacien clinicien aux soins intensifs pour calculer en nombre de patient/jour le stock de médicaments à faire. À Saint Luc, on a compté sur un stock pour 30 patients (alors qu'on en a en moyenne 22-25) ".

1. Communiqué de presse de l'Absym, le 15/4, sur la pénurie de médicaments dans les hôpitaux et Déclaration commune de l'AFMPS et de l'Absym, le 16/4.

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