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Vers une reprise des activités

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Le risque de rupture mondiale et la façon dont les firmes pourront répondre aux nouvelles vagues de patients suscitent des inquiétudes au coeur des pharmacies hospitalières qui, par ailleurs, commencent à penser le déconfinement.

5 mai 2020

L'intervention du Dr Devos (voir p 1) résulte plutôt d'un manque de communication entre l'AFMPS et l'Absym. " C'est un peu comme s'il n'y avait pas de collaboration multidisciplinaire or, en général, dans la majorité des hôpitaux, elle fonctionne très bien. Hormis ce petit problème de communication où l'Agence aurait pu signaler à l'Absym que tout était sous contrôle. Cela ne valait pas cette tempête médiatique. De notre côté, nous envoyons directement sur le forum des pharmaciens hospitaliers les informations de l'AFMPS. Je ne dis pas que tout est rose mais le contexte de crise demande une adaptation parce qu'on n'a pas tout ce qu'on veut, comme on veut. Dans l'ensemble, je pense qu'aucun patient n'a manqué de rien et qu'aucune pharmacie hospitalière n'a manqué de médicaments ", tempère Dominique Wouters des Cliniques Saint-Luc (Bruxelles).

L'utilisation de formes vétérinaires a aussi été stigmatisée : " Un injectable est un injectable, souligne-t-elle. Que ce soit pour les animaux ou pour les humains, c'est le même produit, la même qualité... Si l'Agence dit qu'on peut les utiliser, il n'y a pas de problème. Cela a permis de dégager des stocks suffisants pour prendre en charge tous les patients. L'ampleur de cette pandémie est extraordinaire. Donc, à situation extraordinaire, moyens extraordinaires aussi. L'Agence a vite compris l'ampleur de la crise : cinq ou six pharmaciens travaillent tous les jours pour régler les problèmes ".

" Les médecins sont toujours plus volubiles, ils vont plus vite dans la presse que les pharmaciens hospitaliers, probablement parce que nous sommes peu nombreux (1.000). Nous essayons de trouver des solutions plutôt que d'alerter la presse et de faire peur aux patients. Le Covid fait peur, alors si on leur dit qu'en plus il n'y a pas de médicaments... ", insiste-t-elle.

Leçons à tirer

Le risque de rupture mondiale et la réponse des firmes aux nouvelles vagues de patients posent quelques inquiétudes : " Toutes les matières premières viennent de Chine et d'Inde et, en Europe et aux États-Unis, on est un peu pieds et poings liés à ces fournisseurs. C'est une grande leçon à tirer : il faudrait remettre les moyens pour produire plus en Europe. Tous les dispositifs médicaux (masques...) sont également produits majoritairement en Chine. Pourquoi ? A cause du prix et parce que le financement des hôpitaux n'est pas suffisant. Depuis des années, on nous demande de faire des efforts au niveau de l'achat des dispositifs médicaux et des médicaments. C'est une spirale infernale ".

En Belgique, des sociétés se mettent à produire des masques et des surblouses, d'autres se sont mobilisées pour produire des solutions hydroalcooliques. " Toutes ces entreprises qui font des efforts pour nous aider, il ne faudra pas les laisser tomber après la crise. Malheureusement, si nos moyens financiers restent aussi limités qu'aujourd'hui, nous serons obligés de chercher les solutions les moins chères... "

Actuellement, les hôpitaux attendent les instructions du Groupe stratégique de sortie de crise pour savoir par quel type d'intervention et de consultation recommencer. " Il faudrait au moins rouvrir les consultations qui n'utilisent pas les médicaments réservés aux patients Covid, et favoriser les interventions qui utilisent le moins de produits concernés par les ruptures, estime Dominique Wouters. On travaille avec l'AFMPS sur ces solutions. A Saint-Luc, il y a un comité stratégique qui revoit la liste des patients en attente de chirurgie ".

Personnel contaminé ?

A la pharmacie de Saint-Luc, 4 pharmaciens, 2 assistants et un magasinier ont été contaminés (sur 80 personnes). Mais la pharmacie doit faire face à un absentéisme (35%) un peu inexpliqué, surtout des assistants qui ont peur de venir travailler. " En même temps, cela nous a permis de ne pas mettre les gens en chômage technique puisqu'on a quand même une réduction d'activité étant donné que les 25 salles d'opération ne fonctionnent pas totalement, ni les consultations... ", fait observer Dominique Wouters.

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