PremiumLe journal du médecin

Et pourquoi pas un pharmacien ?

Dans l'enquête*, les pharmaciens se déclarent largement insatisfaits de la gestion de la crise par les autorités. Nicolas Echement, président de l'AUP, explique ce sentiment d'abandon.

16 juin 2020

" La première chose, c'est que les pharmaciens sont restés en première ligne, alors que les autres prestataires se débinaient. Nous sommes restés ouverts alors qu'en tant que citoyen et qu'en tant que pharmacien, on avait l'impression qu'il n'y avait personne à la barre. Si les prestataires de soins n'avaient pas été là et n'avaient pas pris des initiatives, on se demanderait encore où trouver des masques... Là, je rejoins tout à fait mes confrères, dans la gestion des masques, des gels, etc., ça a vraiment été du grand n'importe quoi ! ", estime Nicolas Echement, président de l'Association des Unions de Pharmaciens (AUP).

" On a besoin de nous quand il n'y a plus de gel hydroalcoolique, etc. et, à partir du moment où d'autres prestataires - pour des raisons purement économiques - ont aussi la possibilité d'en offrir, tout se libéralise. Cet épisode-là était très violent et pas correct ".

Self défense

Nicolas Echement confirme également le sentiment des pharmaciens d'avoir été complètement oubliés par les autorités. " Mais nous ne sommes pas les seuls parce que quand on en parle à la PPLW qui regroupe les prestataires de première ligne en Wallonie, on se rend compte que cela a été aussi une catastrophe pour les infirmiers alors qu'ils étaient en contact direct avec les patients potentiellement infectés. Heureusement que nous avons des moyens et des structures qui ont pris les choses en main parce que si on avait dû attendre un soutien de l'État, on l'attendrait encore. Par exemple, les recommandations pour les pharmaciens de Sciensano sont apparues après celles pour les podologues ! C'était hallucinant, d'autant plus qu'elles ont été écrites par l'APB qui les a publiées sur son site. Pour des gestionnaires de crise, il est aberrant de ne pas avoir fait appel au terrain, ils ont cru pouvoir gérer cela seuls dans leur coin ".

" On parle toujours des médecins, mais il y a tous les autres prestataires autour qui sont aussi essentiels à la sauvegarde de la santé publique et qui ont été complètement oubliés. Je me suis retrouvé dans la première réunion avec la ministre Christie Morreale, parce qu'un médecin s'était demandé si on n'inviterait pas un pharmacien... ", constate-t-il.

Faire de vrais plans

Le président de l'AUP se dit malgré tout confiant dans l'avenir : " Aussi bien au niveau de l'APB, que de l'AUP, des pharmaciens ou de la PPLW, on va réfléchir et tirer les leçons de cette crise pour faire en sorte d'être prêt si une nouvelle épidémie survenait, avoir un vrai plan de gestion de crise, à l'inverse de ce qui s'est passé ici ".

" Si on veut mettre en place quelque chose sur le terrain, il faut faire appel au terrain et discuter avec lui, continue-t-il. Ici, on distribue des masques de la Défense mais, franchement c'est un peu risible. Cela fait deux mois et demi qu'on est en crise et tout à coup quelqu'un se dit qu'il serait peut-être intéressant de distribuer des masques via les officines parce qu'elles couvrent tout le territoire. Heureusement qu'on n'a pas attendu Philippe Goffin pour distribuer des masques en officine et que certaines communes ont pris l'initiative d'utiliser ce canal pour rentrer le plus facilement possible en contact avec la population ! "

" Des initiatives locales de distribution de masques via les pharmacies ont eu lieu un peu partout dans le pays. Et, avant que les masques ne soient disponibles en grandes surfaces, on avait déjà fait des propositions au Fédéral pour les distribuer à la population. De même pour les professionnels, on avait discuté avec la PPLW et on avait envoyé un courrier à la ministre Morreale, qui est resté lettre morte... ", se désole Nicolas Echement."

*Enquête Hello Customer pour Labophar

Un coup de pouce de l'IA

L'enquête a été réalisée à l'aide de l'outil de feed-back de Hello Customer, qui fonctionne avec un nombre limité de questions à points et qui permet de donner des commentaires libres dans une champ de texte ouvert. Ce feed-back est analysé par des algorithmes grâce à l'intelligence artificielle et donne finalement les commentaires principaux, mais aussi le sentiment global qui ressort des réponses. " L'avantage de cette méthode - et la grande différence avec une enquête ordinaire - est que l'on n'influence pas les répondants par nos suppositions dans des questions fermées ", explique Leslie Cottenje. " Cela donne généralement des résultats inattendus, ce qui rend précisément l'outil pertinent. "

" Ici, en l'occurrence, il s'agissait d'une enquête, commanditée par Labophar, auprès de toutes les officines de Belgique sur les mesures de déconfinement et la communication des autorités. A l'automne, nous aimerions proposer à nos clients un outil qui utilise la même méthode et qui leur permettrait d'interroger leur clientèle en vue d'une diversification optimale ", indique le CEO, Bram Van Pethegem. " Cette enquête chez les pharmaciens était l'occasion idéale pour faire connaissance avec ce concept et ses possibilités. "

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
02 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine