Une rentrée coronavirus compatible

En pharmacie, la rentrée qui se fait traditionnellement sous le signe de la prévention de la grippe, prend cette année les accents de la solidarité puisque Cap48 a demandé l'aide du secteur: une preuve supplémentaire du rôle de proximité du pharmacien, que la pandémie a contribué à remettre sous les projecteurs.
Après le tsunami vécu au printemps par les pharmaciens, la rentrée 2020-2021 se fait résolument sous des couleurs automnales inédites. Le temps s'est apaisé, public et professionnels de santé ont pris leurs marques. Nous avons tous appris à intégrer un certains nombres de gestes barrières et le leitmotiv " port du masque obligatoire " prend presque les accents d'une chanson douce, si ce n'est aux oreilles des anti-masques.
Il existe désormais plein de solutions pour sortir masqué, mais en ce qui concerne le stock offert par la Défense, la moitié a été distribuée par les pharmaciens, soit 6 millions. Il reste 4 mois pour écouler la suite.
Cap48
Les conséquences de la pandémie du coronavirus se font parfois ressentir en des endroits insoupçonnés. Ainsi, cette année, Cap 48 a sollicité l'aide des pharmaciens pour pallier aux difficultés de vente dans le contexte de la crise du coronavirus.
" Nous avons posé la question aux représentants des unions qui ont très rapidement marqué leur accord. Je n'ai jamais connu une réponse aussi rapide et tranchée, se réjouit Nicolas Echement, président de l'AUP. Les bénévoles de Cap 48 vont venir se présenter en officine et proposer un présentoir avec des post-it à vendre. Le pharmacien est libre de l'accepter ou pas. L'action se déroule du 23 septembre au 10 octobre, la grande soirée RTBF ayant lieu le 11 octobre. Comme c'est une première participation, il y a beaucoup d'inconnues et on espère que cela va bien se passer ".
À votre santé !
Du 21 au 26 septembre 2020, la campagne " À ma santé ! " invite les personnes intéressées à faire réaliser le check-up de leur pharmacie familiale, à l'officine ou à la maison. Cette action nationale est organisée en collaboration avec l'APB, l'AUP, l'UPB-AVB, le VAN, l'Ophaco et Bachi.
" Nous avions déjà essayé de monter ce projet de sensibilisation à l'automédication mais cela n'avait pas abouti. Ici, nous le faisons avec une campagne de communication beaucoup plus importante ", ajoute-t-il. Un projet qui arrive à point après une période de crise où la disponibilité des pharmaciens a été particulièrement appréciée.
" Si chaque pharmacie du pays réalise 2 révisions par jour durant la campagne, 50.000 familles auront pu bénéficier de ce service très appréciable... Plus vous serez nombreux à y participer, plus nous démontrerons ensemble l'engagement des pharmaciens en faveur d'une automédication responsable ", précise encore l'AUP. Les résultats de la campagne devraient être annoncés à l'occasion de la Journée mondiale du pharmacien, le 25 septembre prochain.
Google n'est pas pharmacien
Si tout va bien, la fin de l'année sera consacrée à une campagne grand public intitulée " Google n'est pas pharmacien ". " Il est rare que nous fassions de telles actions, mais nous voulons sensibiliser les gens à la qualité de l'information qu'on trouve sur Internet, comparée à celle donnée par le pharmacien ".
En 2021, l'AUP espère pouvoir organiser à nouveau une campagne antitabac au mois de mai. On se souviendra qu'elle avait dû être annulée, comme le groupe de travail sur le streptotest qui est suspendu jusqu'à nouvel ordre ou encore les projets diabète ou cardio-vasculaire.
A l'agenda, la Journée du pharmacien devrait prendre place fin mai-début juin. Quant au Salon de la pharmacie qui était attendu à Namur en 2021, il est postposé à 2022, puisqu'il est prévu qu'il soit organisé l'année où il n'y a pas de salon Pharmanology, or ce dernier a été annulé et programmé pour 2021.
Dans les cartons, on trouve encore le projet 'masque 19' pour lutter contre la violence conjugale ou intrafamiliale en Wallonie. Rappelons qu'en région bruxelloise, la participation des pharmaciens vient d'être inscrite dans le Plan bruxellois de lutte contre les violences faites aux femmes.
Les traces d'une crise
Que va-t-il rester de la crise sanitaire ? " Le masque et le gel hydroalcoolique ! , répond Nicolas Echement. Ça rentre doucement dans les moeurs, comme en Asie où c'est devenu assez banal. Le pharmacien est quelqu'un qui s'adapte très facilement et qui met en place ce qu'il faut pour travailler dans de bonnes conditions, on s'habitue à travailler avec les plexiglas etc. "
Au rang des choses qui pourraient s'imposer suite à la crise du coronavirus, citons les téléconférences et les formations à distance. " A l'AUP, les réunions virtuelles vont continuer. On ne s'est pas encore réuni de manière physique depuis le début de la crise et il y a une tendance chez les administrateurs à poursuivre les réunions via téléconférence ", observe-t-il tout en regrettant la proximité offerte par les rencontres " en chair et en os ". " Cette contrainte a aidé à utiliser l'outil informatique mais, à quel moment l'utiliser, quand le limiter..., cela reste à définir ".
A distance ? En présentiel ? La réflexion porte également sur la meilleure formule pour les formations : " Avant la crise sanitaire, on commençait à ramer pour inciter les gens à venir en soirée assister à des formations, conférences ou discussions, on voyait une baisse de la fréquentation, même lorsqu'il s'agissait de sujets pratiques et intéressants comme la politique du prix. On est en train de réfléchir à une autre manière de toucher nos pharmaciens, par internet etc. Récemment, on a organisé un webinaire sur une formation contre le tabac (comment aborder le patient à l'officine...) et on s'est rendu compte qu'on avait eu plus de succès que si on avait organisé cette réunion en présentiel... ", conclut Nicolas Echement.