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Perdre du poids grâce aux compléments alimentaires?

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Deux revues de la littérature présentées au dernier Congrès européen sur l'obésité (ECO) concluent à l'insuffisance des preuves pour recommander des compléments alimentaires et des plantes pour la perte de poids.

16 juin 2021

Il s'agit de la revue mondiale des compléments alimentaires et à base de plantes pour la perte de poids la plus complète menée à ce jour: ces deux études ont en effet combiné 121 essais randomisés contrôlés contre placebo incluant près de 10.000 adultes. Elles ont été présentées au dernier Congrès européen sur l'obésité (ECO) qui s'est tenu en ligne du 10 au 13 mai.

Compléments à base de plantes

Des chercheurs australiens ont effectué une revue systématique de 54 essais randomisés comparant l'effet des compléments à base de plantes à celui d'un placebo sur la perte de poids, jusqu'en août 2018. Les données concernaient 4.331 adultes en bonne santé, en surpoids ou obèses. Une perte de poids d'au moins 2,5 kg était considérée comme cliniquement significative.

Les analyses ont porté sur les plantes suivantes: thé vert, Garcinia cambogia et mangoustan, haricot blanc, éphédra, mangue africaine, yerba mate (infusion à partir de l'Ilex paraguariensis), raisin de Veldt (utilisé en médecine traditionnelle indienne), racine de réglisse et chardon bénit de l'Inde orientale (utilisé en médecine ayurvédique).

Résultats? Seul le haricot blanc a entraîné une perte de poids statistiquement, mais pas cliniquement, supérieure à celle du placebo (-1,61 kg). "Certaines préparations combinées contenant de la mangue africaine, du raisin de Veldt, du chardon bénit de l'Inde orientale et du mangoustan ont donné des résultats prometteurs, mais elles ont été étudiées dans le cadre de 3 essais ou moins, souvent avec une méthodologie de recherche ou des rapports de faible qualité. Ces résultats doivent être interprétés avec prudence", estiment les auteurs de cette étude.

Compléments alimentaires

Une autre revue systématique portant jusqu'en décembre 2019 a identifié 67 essais randomisés comparant l'effet des compléments alimentaires contenant des composés isolés d'origine naturelle à un placebo pour la perte de poids chez 5.194 adultes en bonne santé, en surpoids ou obèses.

Les compléments étudiés étaient le chitosan (censé bloquer l'absorption des graisses ou glucides), le glucomannane (fibre soluble présente dans les racines de l'igname éléphant, konjac, favorisant la sensation de satiété), les fructanes et l'acide linoléique conjugué (censé modifier la composition corporelle en diminuant les graisses).

L'analyse a révélé que le chitosan (-1,84 kg), le glucomannane (-1,27 kg) et l'acide linoléique conjugué (-1,08 kg) ont entraîné une perte de poids statistiquement, mais pas cliniquement, significative par rapport au placebo. "Certains CA, dont la cellulose modifiée (induisant une sensation de satiété) et l'extrait de jus d'orange sanguine, ont donné des résultats prometteurs mais n'ont été étudiés que dans le cadre d'un seul essai, il faudrait davantage de preuves avant de les recommander pour la perte de poids", notent les chercheurs.

Preuves insuffisantes

"Les suppléments à base de plantes et les CA peuvent sembler être une solution rapide aux problèmes de poids, mais les gens doivent être conscients du peu de connaissances que nous avons à leur sujet. Très peu d'études de haute qualité ont été réalisées sur certains compléments, avec peu de données sur leur efficacité à long terme. De plus, de nombreux essais sont de petite taille et mal conçus, et certains ne font pas état de la composition des compléments étudiés. L'énorme croissance de l'industrie et la popularité de ces produits soulignent l'urgence de mener des études plus importantes et plus rigoureuses afin d'avoir une assurance raisonnable de leur sécurité et de leur efficacité pour la perte de poids", conclut l'une des auteurs, Erica Bessell (Université de Sydney, Australie).

Les suppléments à base de plantes et alimentaires peuvent sembler être une solution rapide aux problèmes de poids, mais les gens doivent être conscients du peu de connaissances que nous avons à leur sujet.

EurekAlert, 8 mai 2021

Sur la route de la nutrivigilance

En 2009, la France s'est dotée d'un dispositif de nutrivigilance. L'objectif? Améliorer la sécurité des consommateurs en identifiant rapidement d'éventuels effets indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires, d'aliments ou boissons enrichis en vitamines, minéraux, extraits de plantes, acides aminés, etc., de nouveaux aliments et nouveaux ingrédients (phytostérols, gomme de guar, jus de noni, graines de chia, pulpe déshydratée de fruit de baobab...) et des produits destinés à l'alimentation de populations particulières (nourrissons, dénutrition...).

Désormais, les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, diététiciens...), les fabricants et distributeurs, et les particuliers peuvent déclarer en ligne ces effets indésirables sur nutrivigilance-anses.fr. Un groupe de travail les enregistre et les analyse selon une méthode d'imputabilité et une échelle de sévérité. En cas d'imputabilité forte et de sévérité élevée, l'Agence nationale de santé (Anses) alerte les pouvoirs publics afin de prendre des mesures comme le contrôle des produits, la modification de leur étiquetage ou de la réglementation voire leur retrait, elle publie aussi des avis scientifiques accompagnés de recommandations.

Depuis 2009, plus de 5000 déclarations ont été enregistrées. Elles ont donné lieu à la publication de 12 cas d'imputabilité et de sévérité élevées et de 15 avis relatifs aux risques liés à la consommation de certaines substances présentes dans des CA (spiruline, lutéine, levure de riz rouge, glucosamine et chondroïtine, mélatonine...), de CA destinés aux sportifs, aux femmes enceintes, de boissons 'énergisantes' ou destinées aux nourrissons de moins d'un an. En 2016, par exemple, 90% des signalements jugés recevables concernaient des CA ('minceur' dans 15% des cas). Entre 36 et 52% des cas déclarés annuellement sont considérés comme graves. Comme pour les médicaments, il semble que les effets indésirables soient sous-notifiés.

www.anses.fr

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