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Le Covid sur la peau

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Bien qu'aspécifique et peu fréquente, l'atteinte des téguments fait partie des nombreuses manifestations du Covid-19, allant des éruptions paravirales et vésiculeuses, les plus fréquentes, aux engelures.

17 novembre 2021

Le SRAS-CoV-2 atteint de multiples organes et la peau n'y échappe pas. Dès l'apparition de ce coronavirus, des manifestations cutanées variées ont été décrites. En mai 2020, l'équipe de dermatologie des Cliniques universitaires Saint-Luc (Bruxelles) a publié un article sur ces présentations peu fréquentes du Covid-19. (1) Un an plus tard, des dermatologues de l'Hôpital universitaire de Genève (HUG) ont refait le point sur la question: "L'atteinte des téguments est plus ou moins décrite en fonction des pays, allant de 20,4% des patients dans une cohorte italienne à 1,8% dans une cohorte chinoise. Aux HUG, 3% des patients hospitalisés ont présenté une éruption cutanée (soit 28 patients sur 8 mois en 2020)". (2)

Les manifestations cutanées du Covid-19 peuvent se présenter en 4 principaux groupes cliniques et étiologiques: (1,2)

? des éruptions classiquement virales ou paravirales (exanthème, urticaire, érythème polymorphe...)

? des éruptions cutanées secondaires aux conséquences systémiques du Covid-19, en particulier la vascularite ou la vascularopathie thrombotique.

? des éruptions induites par des médicaments prescrits dans le cadre du Covid-19 ;

? des lésions cutanées telles que les engelures et pseudo-engelures, suspectées d'être une conséquence indirecte de la pandémie et des mesures de confinement et qui semblent toucher principalement les jeunes et les enfants.

A l'oeil

"La prise en charge reste majoritairement symptomatique, avec utilisation d'antipyrétiques et encouragement à une bonne hydratation. En cas de prurit important, comme dans les éruptions urticariennes ou dans certains exanthèmes, des antihistaminiques peuvent être associés, voire l'utilisation de dermocorticoïdes. Concernant les pseudo-engelures, l'évitement du froid et de l'humidité est recommandé. Dans les cas récalcitrants, l'utilisation de nifédipine est possible", précise l'équipe suisse pour qui "un oeil attentif peut orienter le diagnostic et permettre la détection précoce de l'infection, notamment chez les personnes asymptomatiques. La reconnaissance de ces lésions cutanées pourrait permettre au patient de s'isoler plus précocement, et ainsi limiter la transmission". (2)

1. Louvain Med 2020 ; 139(05-06): 247-51

2. Rev Med Suisse 2021 ; 17(732): 642-5

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