L'électrification automobile va bon train

Ils soutiennent donc clairement les autorités dans leur volonté d'électrification du parc automobile. L'objectif est en effet de ne plus vendre que des voitures électriques en Belgique en 2029, mais la part des EV (electric vehicles) est encore bien maigre. Sur les quelque six millions de voitures circulant en Belgique, on compte à peine 70.000 à 75.000 véhicules strictement électriques.
Deux voitures
L'enquête révèle aussi qu' environ la moitié des répondants (48%) disposent de deux voitures, voire trois (14%). Un quart s'en tient à une seule familiale. Le point commun, c'est un usage désormais raisonnable de son véhicule. Pour aller travailler, 33% ne se déplacent tout bonnement pas en voiture ; 15% ne l'utilisent que pour parcourir une distance de 10 km par jour, environ quatre sur dix pour une distance de 10 à 50 km, alors que 8% parcourent 50 à 100 km par jour. Seuls 5% dépassent les 100 km de déplacement journalier.
Les voitures roulant à l'essence restent bien sûr les plus populaires (58%). Un peu moins que la moitié des pharmaciens sondés possèdent une voiture diesel. Pourtant, 30% ont déjà opté pour une hybride (plug-in) ou un véhicule électrique. La part des conducteurs de voitures strictement électriques s'élève à 11%. Chez les pharmaciens âgés de 41 à 70 ans les EV sont les plus populaires.
Hydrogène
Les voitures électriques ont le vent en poupe. Les pharmaciens invoquent des raisons écologiques pour justifier leur choix, surtout les femmes.
Un tiers des pharmaciens qui ont répondu à l'enquête a déjà roulé à l'électrique ; 27% sont déjà montés dans un tel véhicule. Même les conducteurs disposant toujours d'une essence ou d'un diesel ne se montrent pas indifférents à l'électrique. Un pharmacien sur huit (12%) affirme tout de même ne pas être favorable à la voiture électrique ; 21% des répondants disent ne rien y connaître.
Les véhicules à l'hydrogène sont encore quasiment absents du marché et les stations dédiées à ce type de propulsion se comptent toujours sur les doigts de la main dans notre pays. Il est d'autant plus étonnant de lire que plus de quatre pharmaciens sur dix déclarent, dans l'enquête, considérer l'hydrogène comme la technologie la plus respectueuse de l'environnement. Sans doute un choix aussi rationnel que théorique.
Pour et contre
L'enquête repose sur une série d'affirmations présentées aux pharmaciens. Selon l'une de ces affirmations, "le grand avantage de l'électrique est que les émissions de gaz d'échappement toxiques et de CO2 sont quasiment nulles". Trois quarts des pharmaciens (72%) acquiescent. Une majorité (58%) souligne le calme agréable qui règne à bord des électriques alors que beaucoup (44%) y voient surtout un avantage fiscal. Autres avantages: le chargement à la maison (46%), un coût énergétique et d'entretien moindre (29%). Une minorité conséquente de pharmaciens (9%) ne voit aucun avantage dans la conduite électrique.
Bien sûr, ce type de propulsion a ses inconvénients, le plus évident étant le prix d'achat pour trois quart des pharmaciens ayant répondu à l'enquête. Une proportion quasiment similaire (78%) des répondants déplore l'autonomie limitée des voitures électriques. Beaucoup (63%) s'accordent à dire que la batterie n'est pas écologique, d'autres (56%) que l'électricité ne constitue pas une énergie entièrement verte. Autant d'inconvénients sur lesquels s'accordent à chaque fois un peu plus de la moitié des pharmaciens.
D'autres désavantages sont parfois exprimés, comme la vitesse de charge trop lente et la nécessité de recharger souvent le moteur. Les délais de livraison découragent un pharmacien sur cinq.
Sécurité
Trois pharmaciens sur dix seraient prêts à opter pour une voiture strictement électrique comme prochain véhicule. Si l'on ajoute à cela ceux qui préfèrent le plug-in hybride (24%) et l'hybride (19%), cela signifie que plus de sept pharmaciens sur dix seraient prêts à acquérir un véhicule (en partie) électrique. Seuls 15% continueront à rouler à l'essence, et à peine 5% au diesel.
Plus d'un tiers des pharmaciens (35%) se montrent favorables à l'électrique à la lumière de ses bénéfices pour l'environnement. Pourquoi un pharmacien achète-t-il tel type de voiture, avec tel type de moteur? Plusieurs facteurs motivent son choix: les distances parcourues (34%), la technologie tournée vers le futur (28%) et la confiance en celle-ci (20%). L'aspect fiscal constitue un avantage pour un pharmacien sur cinq (21%), ainsi que le prix d'achat (22%)
Plus de trois quarts des répondants (78%) estiment que les autorités doivent décourager l'utilisation de sources d'énergie polluantes et quatre sur cinq (84%) jugent que l'état doit motiver les citoyens à acheter des véhicules durables.
L'enquête proposait ensuite une série d'affirmations que les répondants devaient qualifier d'importantes ou de non-importantes. Pour la grande majorité des pharmaciens (98%), la sécurité reste le facteur le plus important dans le choix du véhicule. D'autres facteurs entrent en ligne de compte, comme le prix (97%), la consommation de carburant/l'économie de carburant (90%), et l'impact sur l'environnement (80%). La possibilité de financement (61%), la marque (51%) et les délais de livraison (47%) sont considérés comme moins importants par une majorité de pharmaciens.
Transports publics et pistes cyclables
Une petite minorité de pharmaciens dans notre enquête, à savoir 12 d'entre eux, ne souhaitent plus racheter de véhicule à l'avenir et opterait plutôt pour un vélo (électrique ou non) ou une voiture partagée. Trois pharmaciens ont même répondu qu'ils opteront pour les transports publics et/ou un autre type de mobilité à l'avenir.
Dans sa forme actuelle, les transports publics ne déchaînent pas les passions, ce qui ne signifie pas un rejet complet. Plus de quatre pharmaciens sur cinq (81%) s'accordent en effet à dire que les autorités doivent continuer à développer et à promouvoir les transports publics. De surcroît, 79% estiment que l'état doit aussi poursuivre la mise en place et la promotion du réseau de pistes cyclables.
En bref, selon ce sondage, le corps pharmaceutique se montre globalement favorable à l'électrification du parc automobile, mais les pharmaciens sont loin de tous installer des bornes de recharge à leur officine. Seuls 8% en ont placé une et 67% n'en ont pas. Une tendance qui tardera à s'inverser, puisque seule une minorité (6%) envisage l'installation d'une borne de recharge.
Méthodologie
Le 20 octobre, Le Pharmacien a lancé, en collaboration avec Le Journal du Médecin, l'enquête en ligne " Les pharmaciens et les médecins et la mobilité ". Les questions ont été envoyées entre le 20 octobre et le 17 novembre avec les newsletters du Pharmacien, du Journal du Médecin, et de ses versions néerlandophones. Le 19 novembre, nous avons également envoyé une newsletter supplémentaire, comprenant cette fois uniquement l'enquête sur la mobilité. Le formulaire pouvait être complété en ligne sur le site du Pharmacien et du Journal du médecin. Au total, nous avons reçu 973 réponses, 767 de médecins et 206 de pharmaciens. Le département recherche du Roularta Media Group s'est chargé du traitement des résultats.



