ANTIBIOTHÉRAPIE
Traiter les cystites aiguës selon le BAPCOC 2026
La Commission belge de coordination de la politique antibiotique (BAPCOC) a publié une version révisée de son guide sur l’antibiothérapie en juin 2026. Voici ses recommandations concernant les cystites aiguës.
Aussi gênante et fréquente soit-elle, la cystite est une affection généralement bénigne, qui peut guérir spontanément en une semaine. Certes, le traitement antibiotique peut accélérer la disparition des symptômes. Mais chez une femme en bonne santé, qui n’est pas enceinte et n’a pas d’antécédent de pyélonéphrite, l’attentisme est une option raisonnable.
Cependant, si les symptômes persistent pus d’une semaine sous antalgique ou en cas de fièvre ou de malaise général, une antibiothérapie doit être instaurée. Pour discuter des différentes options thérapeutiques, le guide BAPCOC 2026 renvoie à la carte des options disponible sur le site web thuisarts.nl (uniquement en néerlandais).
Une rigueur accrue
En revanche, chez tous les autres groupes à risque – c’est-à-dire les femmes diabétiques, enceintes ou celles présentant des anomalies rénales ou des voies urinaires ou des antécédents de pyélonéphrite, les personnes immunodéprimées, les hommes et les enfants de moins de 12 ans –, une antibiothérapie doit être instaurée et un échantillon d’urine doit être envoyé pour culture.
Dans tous les cas, il convient d’adapter le traitement en fonction de l’antibiogramme. Une rigueur accrue est nécessaire pour éviter l’escalade vers des molécules à large spectre. C’est la philosophie prônée par le guide BAPCOC 2026.
Pour les femmes
- Premier choix : nitrofurantoïne 100 mg, 3x/jour pendant 5 jours ou pendant 7 jours en cas de risque accru d’évolution compliquée (notamment pendant la grossesse). Il faut toutefois éviter la nitrofurantoïne après la 36e semaine de grossesse car elle peut provoquer une anémie hémolytique chez le nouveau-né, en particulier s’il présente un déficit en G6PD (favisme).
- Second choix : fosfomycine 3 g en une dose, de préférence au coucher. La fosfomycine est l’alternative à la nitrofurantoïne durant les dernières semaines de grossesse.
Pour les hommes
- Premier choix : nitrofurantoïne 100 mg, 3x/jour pendant 7 jours.
- Second choix : céfuroxime 500 mg, 3x/jour pendant 5 jours. Auparavant, la fosfomycine était le second choix par défaut. Désormais, elle peut être envisagée en cas de risque accru d’évolution compliquée.
Pour les personnes âgées ou en cas d’insuffisance rénale
Notons que le triméthoprime n’est plus recommandé. Désormais :
- Si le DFG >30 ml/min/1,73 m² à nitrofurantoïne 100 mg, 3x/jour pendant 5 jours ;
- Si le DFG est compris entre 15 et 30 ml/min/1,73 m² à fosfomycine 3 g en une dose, de préférence au coucher.
Pour les enfants de moins de 12 ans
- Premier choix : nitrofurantoïne 5 à 6 mg/kg/jour en 4 prises pendant 5 jours, en pratique, sous forme de préparation magistrale.
- Second choix : céfuroxime 30 mg/kg/jour en 3 prises pendant 5 jours, avec un maximum de 3 x 500 mg/jour (sauf en cas d’allergie IgE médiée à la pénicilline).
Bactériurie asymptomatique
On ne traite plus la bactériurie asymptomatique, pour aucun groupe de patients. À une exception près : les femmes enceintes qui, elles, doivent être traitées selon le schéma thérapeutique recommandé pour les femmes (lire ci-dessus).
> Nous vous invitons à poursuivre votre lecture vers notre article consacré aux cystites récurrentes. Nous reviendrons sur les antibiothérapies des autres infections urinaires dans nos prochaines éditions.
Référence
BAPCOC, « Guide belge de traitement anti-infectieux en pratique ambulatoire : mise à jour partielle », mai 2026 et CBiP.