Première européenne aux Cliniques Saint-Luc
Une neurochirurgie inédite dans l'épilepsie réfractaire
Les Cliniques Saint-Luc ont franchi une nouvelle étape dans la prise en charge de l’épilepsie réfractaire en combinant trois technologies au cours d'une intervention de neurochirurgie le 25 juin dernier, annoncent-elles. Une première en Europe, qui a permis de réduire la durée de l’opération, de limiter son caractère invasif et renforcer la sécurité du patient.
Le service de neurochirurgie des Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles a eu recours à une nouvelle technologie permettant de traiter le foyer épileptique par thermo-ablation laser.
"Cette technique consiste à introduire une sonde laser à travers une micro-ouverture crânienne afin de cibler avec précision la zone du cerveau à l’origine des crises", précise l'hôpital par voie de communiqué. L'innovation devrait être proposée, à terme, à davantage de patients atteint d'épilepsie réfractaire.
L’intervention, le jeudi 25 juin dernier, a été réalisée grâce à la combinaison inédite de trois technologies de pointe : un robot permettant un guidage de haute précision sans cadre (Stealth Autoguide) fixé à la tête du patient, un laser (LiTT, Laser Interstitial Thermal Therapy) et un système d’imagerie par résonnance magnétique (IRM) intra-opératoire.
Via une ouverture de 3mm
"Il s’agit d’une première en Europe", se réjouissent les Cliniques. "Le patient, âgé de 30 ans, se porte très bien et a regagné son domicile dès le lendemain de la procédure afin de poursuivre sa convalescence."
Le robot et le laser permettent une intervention « minimal invasive », autrement dit sans cadre stéréotaxique ni ouverture importante dans le crâne du patient. "Les deux outils, acquis grâce au soutien de la Fondation Saint-Luc, réduisent l’ouverture à un trou de faible diamètre (3mm) tout en maintenant la précision du geste chirurgical", explique encore l'hôpital.
Pour rappel, l'épilepsie touche 0,5% de la population en Belgique. Les cas résistants aux traitements ("réfractaire") sont pris en charge dans des centres de référence, où une chirurgie permet l'ablation de la zone cérébrale sujette aux crises et la pose d'une sonde pour stimuler et réguler l'activité cérébrale.
Pas de déplacement du patient
Après la mini-ouverture, une sonde de thermo-ablation laser (LiTT) est introduite et positionnée au sein du foyer épileptogène.
"Pour garantir le positionnement précis de la sonde et suivre en temps réel l’évolution de la lésion induite par la thermo-ablation, un guidage par imagerie par résonance magnétique (IRM) est nécessaire pendant toute la procédure", détaillent encore les Cliniques Saint-Luc.
"Dans la plupart des centres, cela nécessite de transporter le patient jusqu’au service d’imagerie médicale, ce qui peut entraîner certains risques, la sonde étant particulièrement fragile. Grâce au système d’imagerie intra-opératoire de Saint-Luc, cette vérification se fait directement dans la salle d’opération sans devoir déplacer le patient."