" Speed dating " entre cardiologues et généralistes
" Mon expérience des contacts avec les généralistes est très positive. Leurs lettres de référence sont généralement personnalisées, ce qui est toujours agréable, mais ils sont aussi très intéressés par ma spécialité, l'insuffisance cardiaque : ils viennent souvent assister avec beaucoup d'enthousiasme aux événements que nous organisons à ce sujet. Un autre point que nous apprécions beaucoup est qu'ils nous communiquent souvent le bilan sanguin du patient. "
Caroline Weytjens, chef de clinique du centre des maladies cardiovasculaires de l'UZ Brussel, est l'une des six cardiologues que les généralistes auront l'occasion de rencontrer ce 25 septembre le temps d'un " speed dating ". Cette concertation express s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus large : son instigatrice, la structure bruxelloise Huis voor Gezondheid, espère ainsi améliorer la communication et la collaboration entre les médecins de première ligne et un certain nombre de spécialistes à qui ils réfèrent régulièrement des patients. Juste avant l'été, les médecins de famille ont déjà eu l'occasion de faire plus ample connaissance avec les néphrologues ; des rencontres sont également prévues avec des pneumologues, endocrinologues, orthopédistes et gastroentérologues.
Renvois latéraux
La Huis voor Gezondheid a par ailleurs dressé l'inventaire des questions qui fâchent. De façon générale, les généralistes se plaignent que les spécialistes sont difficiles à joindre par téléphone ou courriel et parfois que leurs rapports traînent à arriver, tandis que les deux parties s'accordent à regretter un certain manque de contacts personnels. Le Dr Weytjens confirme que ces problèmes se retrouvent également à des degrés variables en cardiologie, quoique " avec Medibridge, celui des retards dans l'envoi des rapports devrait tout de même tout doucement commencer à être résolu ".
Accords formels
Le Dr Weytjens a régulièrement l'occasion de constater combien les desiderata des généralistes diffèrent souvent d'un individu à l'autre. " Il n'est pas toujours simple de prendre en compte toutes ces préférences individuelles. De nombreux médecins de famille prennent par exemple très à c£ur leur rôle dans le suivi et l'optimisation du traitement de l'insuffisance cardiaque et estiment que cette tâche leur incombe, mais un certain nombre d'autres ne veulent ou n'osent pas s'en charger. "
Classeurs
Globalement, on n'observe toutefois guère de problèmes majeurs - tout au plus quelques obstacles d'ordre pratique. En fin de compte, l'initiative vise avant tout à parvenir à une prise en charge optimale du patient, ce qui impose évidemment que les consultations, admissions, séjours et retours à domicile fassent l'objet d'accords clairement balisés et que généralistes et spécialistes veillent à se communiquer leurs données de contact et disponibilités respectives. " C'est la raison pour laquelle la Huis voor Gezondheid a suggéré de compiler des classeurs comportant pour chaque cardiologue une fiche de contact : quand peut-on le joindre, à quel numéro, pour quel type de problème (électrophysiologie, insuffisance cardiaque...), etc. Cela permettra au généraliste de contacter très rapidement le spécialiste adéquat lorsqu'il est confronté à un problème urgent tel qu'un trouble du rythme. "