La réanimation cardio-respiratoire en débat
Le 'Resuscitation Science Symposium' organisé dans le cadre du congrès de l'a donné lieu à un débat assez vif sur l'apport de la réanimation cardio-respiratoire (CPR) en cas d'arrêt cardiaque soudain.
D'aucuns seraient surpris de voir une polémique s'installer autour d'une pratique comme la réanimation cardio-respiratoire chez les patients victimes d'un arrêt cardiaque soudain. C'est pourtant un débat (très) contradictoire auquel l'on a pu assister lors du 'Resuscitation Science Symposium' organisé dans le cadre du congrès de l'AHA, et ce entre deux éminents cardiologues, professeurs de médecine américains, Gordon A. Ewy (University of Arizona) et Gust H. Bardy (University of Washington, Seattle).
Les résultats dans les casinos de Las Vegas
Gordon Ewy commence par souligner qu'" un pur scientifique prierait qu'en cas d'arrêt cardiaque, la victime se trouverait près d'un défibrillateur automatique externe et que celui-ci fonctionnerait ". Il relève ainsi que l'utilisation de ce type d'appareil par des membres du personnel de sécurité des casinos de Las Vegas a abouti à un taux de survie de près des trois quarts (74 %) lorsque la manoeuvre était effectuée endéans les trois minutes de l'arrêt cardiaque, ajoutant qu'au-delà de trois minutes on tombait à 49 %. Une méta-analyse de 17 études nous apprend par ailleurs que la survie est nettement améliorée lorsque la défibrillation réalisée par un témoin de l'accident est réalisée endéans les quatre minutes. Une étude japonaise arrive à des résultats très positifs également et montre par ailleurs que la survie augmente significativement avec la réanimation cardio-respiratoire. Pour Ewy, les manoeuvres de compression thoracique avant et après la défibrillation augmentent la survie si l'on ne peut défibriller immédiatement, ce que démontrent notamment des études animales.