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Frank Rademakers : " l'enthousiasme débouche sur une culture globale de l'amélioration "

" Il est très important de pouvoir travailler avec des indicateurs. En impliquant tous les intervenants (médecins, infirmiers, techniciens, patients...) et en éveillant leur enthousiasme pour cette approche, les gens vont commencer à chercher d'eux-mêmes des possibilités d'amélioration. Et si nous parvenons, dans le futur, à améliorer la qualité de nos services et à le prouver par de meilleurs scores aux indicateurs, c'est aussi un message positif vis-à-vis du grand public, un signe que nous dispensons des soins conformes aux directives. "

Geert Verrijken - 6 décembre 2012

La Belgique est actuellement " un rien " à la traîne par rapport aux Pays-Bas, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis lorsqu'il s'agit d'utiliser des indicateurs pour améliorer la qualité des soins, explique le Pr Frank Rademakers, médecin-chef à l'UZ Leuven et président du groupe de développement 'cardiologie' du forum QIP (quality indicator projet).

Quatre types

" Comme leur nom le laisse deviner, les indicateurs donnent une idée de la qualité du travail d'un établissement ou d'un médecin, mais sans la mesurer de façon directe ", explique le Pr Rademakers. " Il existe une foule de paramètres potentiels, que la littérature classe en quatre grands types. Les indicateurs de processus évaluent par exemple la trajectoire médicale du patient : quelles sont les différentes étapes qu'il parcourt dans le cadre de sa prise en charge ? Contribuent-elles au résultat souhaité ? Les indicateurs de structure concernent le nombre d'infirmiers, l'infrastructure, etc. dont un service donné doit disposer pour pouvoir fonctionner correctement. La mortalité et le nombre de rehospitalisations sont des indicateurs dits 'de résultat'. Enfin, un quatrième type d'indicateur s'intéresse à l'expérience subjective du patient. "

Tous différents

L'objectif est de déterminer par le biais d'une série de mesures s'il existe des lacunes dans l'un ou l'autre domaine. Le système permet aux hôpitaux ou services hospitaliers de se comparer aux autres afin de mettre en place des mesures d'amélioration et de tirer les enseignements des pratiques les mieux cotées, par exemple par le biais du cycle de Deming (planification-mise en oeuvre-vérification-réaction).

Des données suffisantes

Le forum QIP et ses groupes de développement ont d'ores et déjà formulé une série d'indicateurs. " Au cours d'une phase ultérieure, nous pourrons commencer à récolter des données ", poursuit le Pr Rademakers. " Pour déterminer par exemple combien de patients quittent l'hôpital avec un bêtabloquant après un infarctus, nous devons toutefois disposer de suffisamment données correctes, que nous tenterons de nous procurer sans imposer de charge supplémentaire aux hôpitaux. Les données étant collectées de façon sécurisée par un tiers de confiance, la commission vie privée n'a formulé aucune objection au couplage de différentes bases de données ; nous devrions ainsi pouvoir donner à chaque établissement un feedback qui lui permettra de se situer par rapport aux autres. Toute la question est à présent de savoir si les données existantes seront suffisantes ou si les hôpitaux vont devoir en collecter de nouvelles. "

Public ou non ?

L'opinion publique devrait-elle avoir connaissance de tous les indicateurs et résultats des hôpitaux ? La question est délicate car, si une certaine transparence est évidemment souhaitable, le Pr Rademakers estime qu'elle ne devrait pas être absolue. " Tout d'abord, il ressort de recherches menées à l'étranger que la connaissance des indicateurs n'influence pour ainsi dire pas le choix du patient. Pour la majorité des pathologies, c'est la proximité qui reste déterminante : les malades se rendent tout simplement à l'hôpital local. " C'est surtout sur les hôpitaux eux-mêmes que la transparence est susceptible d'avoir un impact déterminant : " Il existe toujours une marge d'amélioration, et le fait que l'information soit publique est pour l'établissement une incitation à progresser. Cela encourage les hôpitaux, les médecins et les services à se remettre en question et à prendre des mesures pour améliorer ce qui doit l'être. "

La crème des hôpitaux

La diffusion de statistiques de mortalité non corrigées n'est pas non plus souhaitable, estime encore le Pr Rademakers. " Dans un service d'orthopédie qui ne réalise que des opérations de la hanche planifiées et non urgentes, il est évident que la mortalité sera très faible... mais l'hôpital n'est pas forcément meilleur pour autant. Le degré d'urgence, les comorbidités, l'âge, etc. sont autant de paramètres qui doivent également être pris en compte. "

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