Les antihypertenseurs, un réflexe bien ancré
Entre 1997 et 2010, la consommation d'antihypertenseurs sous prescription a augmenté, et ce dans toutes les classes thérapeutiques. La progression la plus marquée concerne les sartans, tandis que les vasodilatateurs, alpha-bloquants et antihypertenseurs à action centrale ont clairement été moins prescrits.
Précisons d'emblée qu'il s'agit ici de chiffres généraux, qui englobent non seulement les prescriptions des cardiologues mais aussi celles des généralistes et des autres spécialistes. Ils émanent de Pharmanet, le système d'enregistrement officiel des médicaments sur prescription délivrés par les officines publiques.
Les personnes âgées surtout
L'analyse de l'Inami sur l'usage des antihypertenseurs n'a guère livré de constats révolutionnaires. Affirmer, comme le fait l'administration, que ces médicaments sont aujourd'hui bien entrés dans les moeurs revient à enfoncer une porte ouverte : d'après les données Pharmanet pour l'année 2009, le corps médical les prescrit à un homme sur cinq et une femme sur quatre. L'âge est évidemment ici un paramètre déterminant, mais on observe également que les femmes consomment davantage d'antihypertenseurs que les hommes, et ce dans tous les groupes d'âge. Parmi les 21-40 ans, 5,8 % des femmes et 3,9 % des hommes utilisent au moins un produit de ce type. Entre 61 et 80 ans, ces chiffres sont - sans surprise - nettement plus élevés : 61,4 % des femmes et 57,6 % des hommes de ce groupe prennent au moins un médicament pour réguler leur tension.
Evolution
Toujours d'après les données Pharmanet, en 1997, le corps médical prescrivait principalement des bêtabloquants (qui représentaient à l'époque 30,5 % des prescriptions d'antihypertenseurs), des antagonistes du calcium (21,7 %), des IEC (14,1 %) et des diurétiques (12,6 %). Ces proportions n'ont pratiquement pas changé au cours de la décennie qui a suivi : en 2009, les bêtabloquants totalisaient encore 28,9 % des prescriptions, toujours suivis par les antagonistes du calcium (15,2 %), les IEC (14,6 %) et les diurétiques (10,5 %) - du moins en ce qui concerne les monothérapies.