Les électrodes ne sont pas éternelles...
Face à l'augmentation de l'utilisation des défibrillateurs et des pacemakers, le remplacement des électrodes et leur extraction surtout pose de plus en plus souvent question. Comment être le moins délétère possible ou existe-t-il un moyen simple de les extraire ?
C'est à cette interrogation qu'a tenté de répondre le Pr Maria Grazia Bongiorni (Pise, Italie). En effet, la nécessité des extractions de ces électrodes se fait de plus en plus sentir, car il y a de nouvelles indications, la durée de vie des électrodes est limitée alors que la longévité augmente, certains appareils sont mis à jour sans compter que certaines électrodes sont défectueuses ou d'autres sources d'infection. Une étude menée à Pise par Maria Grazia Bongiorni a réuni 1881 patients entre janvier 1997 et juin 2012, ce qui représente un nombre total de 3391 électrodes, dont 2825 de stimulation et 566 de défibrillation. Dans 55 % des cas, l'indication pour enlever l'électrode était une infection locale et dans 27 % un sepsis. L'équipe italienne a pu enlever les électrodes complètement dans 98 % des cas. Les complications majeures de cette intervention n'ont concerné que 0,58 % des patients avec 10 tamponnades cardiaques et 1 hémothorax, soit au total 3 accidents létaux. Pour obtenir un tel taux de réussite, MG Bongiorni et ses collègues ont utilisé une technique de placement de ces électrodes passant par la jugulaire plutôt que la procédure standard. La réussite par cette dernière atteint 89,6 % seulement et le nombre de complications n'est pas significativement différent entre les deux approches.
Pas n'importe où !
Une étude publiée en 20071 a montré que sur 990 patients consécutifs ayant bénéficié d'un défibrillateur implantable et qui ont eu un suivi médian de 934 jours, 15 % des électrodes sont tombées en panne durant le suivi. Le taux estimé de fonctionnement des électrodes à 5 et 8 ans a été de 85 % et de 60 % respectivement. Le taux annuel de panne monte à 20 % à 10 ans. Les résultats montrent également que ces pannes affectent autant les anciens modèles que les plus récents. Les chercheurs ont par ailleurs découvert que les patients avec des électrodes défectueuses étaient plus jeunes et étaient plus souvent des femmes. Mais la raison principale de ce haut taux de complication, selon la spécialiste italienne, est l'utilisation de l'abord par la ponction sous-clavière. A côté de la technique, le choix de l'électrode elle-même est important. En choisir une isodiamétrique et pas trop fine constitue déjà deux critères de choix " mécanique ", par exemple.