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L'abiraterone diminue la progression de la douleur et la détérioration fonctionnelle

L'étude pivotale COU-AA-302, comparant, en association avec un corticoïde, l'abiraterone au placebo chez les patients présentant un cancer de la prostate métastasé résistant à la castration continue à faire parler d'elle. Une analyse des critères d'évaluation secondaires de l'étude montre que le traitement abiraterone/prednisone permet de retarder la détérioration fonctionnelle et la progression de la douleur.

30 décembre 2012

COU-AA-302 était le nom quelque peu rébarbatif d'une étude internationale de phase III particulièrement intéressante. Randomisée, menée en double-aveugle et contrôlée par placebo, elle avait inclus un total de 1.088 patients présentant un cancer de la prostate métastasé résistant à la castration (mCRPC) qui avaient été randomisés vers un traitement oral par abiraterone 1g/j ou vers un traitement placebo, tous les patients recevant de la prednisone à raison de deux fois 5mg/j. Les patients inclus dans l'étude n'avaient pas reçu de chimiothérapie préalable, mais avaient été traités par castration médicale ou chirurgicale et avec un traitement anti-androgène.

Etude interrompue

Les résultats du principal critère d'évaluation de l'étude - un critère double comportant la survie sans progression radiologique (rPFS) et la survie globale - avaient déjà été présentés à l'EAU. Rappelons que l'association abiraterone/prednisone avait, par rapport à l'association prednisone/placebo, permis d'obtenir une amélioration significative de la rPFS, ainsi qu'une forte tendance à une amélioration de la survie globale. Cette dernière donnée n'a pas pu être confirmée de manière statistiquement significative en raison de l'interruption prématurée de l'étude conseillée par l'IDMC (comité indépendant de revue des données), mais la plupart des spécialistes s'accordaient à dire que l'effet sur l'OS aurait probablement été, lui aussi, significatif à plus long terme. 1

Critères secondaires

L'évolution du statut fonctionnel des patients ainsi que la progression des symptômes douloureux constituaient des critères d'évaluation secondaires de COU-AA-302. Ce sont ces dernières données qui ont été présentées à Vienne. Dans cette étude, la douleur et l'état fonctionnel étaient évalués au départ et en cours de traitement au moyen des questionnaires BPI-SF (Brief Pain Inventory - Short Form) et FACT-P (Functional Assessment of Cancer Therapy - Prostate), deux outils de mesure spécifiques validés sur le plan international. Pour chacune des mesures, l'évaluation portait sur l'apparition d'une progression ou d'une dégradation cliniquement significatives, sur base de définitions préspécifiées.

Progression de la douleur et détérioration fonctionnelle

En ce qui concerne la progression de la douleur, les résultats montrent qu'une progression de la douleur s'observe en moyenne après 26,7 mois dans le groupe traité par abiraterone contre 18,4 mois dans le groupe placebo (HR=0,817; IC 95 %: 0,668-0,999; p=0,049). La progression la plus importante de l'intensité de la douleur s'est observée après 10,3 mois et 7,4 mois, respectivement dans ces deux groupes (HR=0,792; IC 95 %: 0,674-0,931; p = 0,005). Enfin, la durée moyenne avant le recours aux opiacés était de 23,7 mois dans le groupe placebo, alors qu'elle n'a pas été atteinte chez les patients traités par abiraterone (HR=0,817; IC 95 %: 0,668-0,999; p=0,0001). Pour ce qui est des paramètres fonctionnels, la dégradation du score FACT-G (état fonctionnel général) s'observe après 16,6 mois dans le groupe de patients recevant l'abiraterone contre 11,1 mois dans le groupe placebo. Pour ce qui est du FACT-P proprement dit la dégradation s'observe après 12,7 mois dans le premier groupe contre 8,3 mois dans le second. La détérioration du bien-être physique et émotionnel des patients évoluait, elle aussi, dans le même sens.

rPFS un critère d'évaluation fiable

D'autres données issues de cette étude ont permis de mettre en évidence une corrélation positive entre la survie sans progression radiologique et la survie globale. On notera également que l'évaluation de la progression radiologique était comparable lorsque celle-ci était réalisée par les investigateurs de l'étude eux-mêmes ou, en simple aveugle, par des radiologues indépendants. D'après les investigateurs, ceci plaide en faveur du fait que la rPFS peut être considérée comme un marqueur intermédiaire de la survie globale, ce qui justifie, dès lors, son utilisation en tant que principal critère d'évaluation dans les études de phase III portant sur les formes métastasées de cancer de la prostate résistant à la castration.

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