Réhabilitation : importance de l'exercice (BSC 2014)
Le type d'exercice physique à recommander au patient cardiaque est de plus en plus précis, grâce à des études qui évaluent les avantages et inconvénients des diverses modalités d'entraînement.
L'exercice physique a fait la preuve de son apport bénéfique en réhabilitation cardiaque. Mais quel type d'exercice ? Il semble bien qu'un entraînement fractionné soit la manière la plus bénéfique, tout au moins dans l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection diminuée, si on en croit une méta-analyse publiée en 2013 par Mark Haykowsky (Canada). Cette méta-analyse a revu 7 essais cliniques randomisés réalisés chez des patients en insuffisance cardiaque stable. L'entraînement fractionné a significativement amélioré la VO2 max par rapport à un exercice aérobique continu d'intensité modérée, tel qu'on le prescrit encore souvent pour l'instant. Le gain moyen était de 2,14 ml O2/kg/min. Néanmoins, les effets sur la fonction cardiaque au repos ne sont pas clairs. Pour rappel, l'entraînement fractionné est constitué de plusieurs cycles comprenant un intervalle de travail à rythme élevé et un de récupération.
La question de la faisabilité se pose néanmoins, a souligné au congrès de la BSC le Dr Catherine De Mayer (UZ Antwerpen). La réponse à cette question est venue d'une autre étude, publiée celle-là par Øivind Rognmo (Norvège). Ces auteurs ont comparé chez 4846 patients les risques liés à un exercice d'intensité modérée (129.456 heures en tout, entre 60 et 70% de la fréquence cardiaque maximale) et ceux qu'entraîne un exercice de forte intensité (46.364 h en tout, entre 85 et 95% de la fréquence cardiaque maximale). Ils ont conclu que le taux de complications, notamment les arrêts cardiaques fatals ou non, était cinq fois plus élevé avec l'exercice intensif.