La dernière proposition des cardiologues n'a pas fait long feu... (BSC 2014)

La semaine dernière, à l'occasion du 33e congrès annuel de la Belgian Society of Cardiology (BSC), le Pr Guy Van Camp, président de la BSC, avait convié la presse pour lui faire part des inquiétudes des cardiologues. " A quoi cela sert-il encore d'aller négocier ? La preuve : une minute après avoir quitté la réunion, notre proposition était dans la poubelle", nous a-t-il confié.
Guy Van Camp rappelle tout d'abord le contexte : " en 2013, le budget des coronarographies a été raboté d'environ 7%. Ensuite, on a voulu supprimer l'ECG de l'hospitalisation. Bien sûr, cette proposition qui visait à supprimer l'examen qui constitue la pierre angulaire de notre discipline avait suscité beaucoup de réactions et avait fini par être retirée. En contrepartie, il fallait épargner ailleurs. Et ce sont les coronarographies qui ont de nouveau été touchées, avec une nouvelle diminution de 17%. "
Cela signifie qu'en un an de temps, le budget des coronarographies a été réduit de près de 25%. " La question à se poser est la suivante : qu'est-ce qu'une rémunération correcte pour une coronarographie ? Lorsque l'on compare la situation belge à celle de nos voisins, celle-ci est particulièrement basse chez nous ", relève le président de la BSC.
Le raisonnement des cardiologues a donc été le suivant : " C'est toujours aux prestations techniques que l'on s'attaque, et plus particulièrement aux prestations techniques les plus lourdes. Donc, ce sont toujours les hôpitaux qui réalisent les techniques les plus lourdes qui sont touchés et on n'économise donc pas à l'intérieur de la cardiologie générale. "
" Notre proposition était dès lors de répartir les économies sur un maximum d'épaules afin que tout le monde participe à l'effort : le secteur ambulatoire, les polycliniques, les centres A, les centres B,... Nous avons donc proposé de réduire l'ECG de 3,5 euros, afin de revaloriser les tests au stress et les tests à l'effort qui sont sous-utilisés et qui pourraient permettre de diminuer le nombre de coronarographies ", poursuit le Pr Van Camp.
Cette proposition n'a pas été retenue et le Pr Van Camp n'en connait pas vraiment la raison. Ce dont il est certain, c'est qu'une minute après avoir quitté la réunion, leur proposition était déjà à la poubelle. Une des raisons invoquées aurait été que ce n'était pas correct d'économiser sur une prestation (l'ECG), alors que les cardiologues s'étaient opposés à sa suppression.
" Mais c'est de nouveau le summum de l'hypocrisie ", commente Van Camp. " Supprimer une prestation technique signifie en fait qu'elle n'est plus reconnue comme une technique ! En d'autres termes, on ne savait plus poser de diagnostic d'infarctus. Ici, le but de notre proposition était simplement de mieux répartir l'effort... "
Pour le président des cardiologues, le Conseil technique médical de l'Inami a décidé de toute façon de n'en faire qu'à sa tête. " Mais si les décisions sont prises d'avance et que l'on ne peut en rien les modifier, alors notre présence n'est plus nécessaire. Si c'est pour nous inviter, rire un peu avec nous et puis quand même ne pas du tout tenir compte de nos propositions, alors à quoi cela sert-il d'aller encore à ces réunions ? ".