Traumatisme crânien et AVC (ICS 2014)
Chez un sujet jeune victime d'un AVC, l'existence d'un traumatisme récent est souvent incriminée comme facteur déclenchant. A tort ou à raison ?
Pour répondre à cette question, une équipe de San Francisco a répertorié au sein d'un système intégré d'assurance maladie (Kaiser Permanente) quelque 1,3 millions d'individus de moins de 50 ans ayant consulté les urgences ou ayant été hospitalisés pour traumatisme sur une période de 15 ans. Il s'agissait d'un traumatisme crânien ou cervical dans environ 10% des cas (n = 120.494).
L'analyse respective de ces deux cohortes montre que les traumatismes concernent surtout les sujets de sexe masculin (58%/64%) et sujets les plus jeunes (64%/76% des cas avant l'âge de 30ans).
Les investigateurs ont ensuite recherché les individus chez qui un AVC ischémique était survenu endéans les 4 semaines du traumatisme (AVC confirmé par le codage ICD et l'existence d'un compte rendu d'imagerie cérébrale). Au total 145 cas d'AVC ischémique ont été retenus dont 123 concernaient des sujets adultes (? 20 ans), soit une incidence globale de 11 cas/100.000(IC 95% 9 - 13) pour la totalité des traumatismes et une incidence globale de 26 cas/100.000 (IC 95% 18 - 37) pour les traumatismes cervico-céphaliques.
Alors que les traumatismes cervico-céphaliques sont nettement plus fréquents chez les enfants (< 20 ans) que chez les adultes, respectivement 59% versus 43%), l'incidence des AVC est nettement plus élevée chez les adultes que chez les enfants soit 18/100.000 pour la totalité des traumatismes et 48/100.000 pour les traumatismes cervico-céphaliques versus respectivement 3,4/100.000 et 11/100.000.
Cette incidence de 11/100.000 chez les enfants correspond à un décuplement du risque estimé dans cette tranche d'âge soit 1,2/100.000. Puisse cette étude inciter à utiliser toutes les méthodes de prévention connues et à faire porter toutes les protections existantes pour éviter des AVC ischémiques aux conséquences souvent désastreuses à cet âge.