Coeur artificiel de Carmat : évolution positive du patient
Alors qu'on était sans nouvelles depuis plusieurs semaines du patient français de 76 ans qui s'est vu implanter le premier coeur artificiel bioprothétique de Carmat le 18 décembre 2013, des doutes sur son état de santé avaient commencé à surgir.
Ils viennent d'être levés 60 jours après l'intervention. Dans un communiqué, l'Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP) à Paris signale que son état " est jugé satisfaisant par l'équipe médicale qui le suit. "
Le malade, qui souffrait d'insuffisance cardiaque en phase terminale quand il a été opéré, a connu une évolution post-opératoire " longue et difficile " mais " peu surprenante au vu de son âge et de la pathologie dont il souffrait ", précise le communiqué. " Le patient s'alimente et ne nécessite plus d'assistance respiratoire continue. Il se soumet volontiers aux exercices de rééducation physique qui lui permettent d'augmenter progressivement son périmètre de marche ", se félicitent les médecins.
Quant à la bioprothèse mise au point par le Pr Alain Carpentier, elle " continue de fonctionner de façon satisfaisante, sans aucun traitement anticoagulant depuis le 10 janvier 2014 ", soulignent les médecins qui saluent " un malade exemplaire ". " Nous rendons hommage, à son courage, à son sens de l'humour et à son environnement familial qui, par sa présence et sa confiance, joue un rôle déterminant dans son rétablissement. "
Le dispositif expérimental doit encore être implanté sur trois autres patients pour valider la première phase d'essais cliniques destinée à vérifier si la prothèse ne met pas en danger les patients. Le succès de cette phase sera notamment évalué par le taux de survie à un mois ou la conduite du patient vers la transplantation s'il est en condition d'éligibilité. Si les résultats sont positifs, une deuxième phase d'essais portant sur une vingtaine de patients devrait suivre.
Cette technologie novatrice pourrait constituer, à terme, une précieuse alternative à la transplantation cardiaque, trop rarement disponible pour les millions de personnes atteintes d'insuffisance cardiaque dans le monde.