Antihypertenseurs et chutes de la personne âgée
L'équation est simple. La plupart des personnes de plus de 70 ans ont une pression sanguine trop élevée. La correction de cette hypertension est une des clés de la réduction du risque d'infarctus et d'accident cérébrovasculaire chez ces personnes. Mais il semble bien que la diminution de la tension artérielle s'accompagne chez les seniors d'un risque accru de chute, avec ou sans traumatisme. Les accidents concerneraient préférentiellement la tête et la hanche.
Pour savoir si cet accroissement du risque est une réalité, Tinetti et al. ont suivi pendant trois ans 4961 personnes de plus de 70 ans atteintes d'hypertension artérielle. Parmi elles, 14,1% ne prenaient aucun médicament anti-hypertenseur, 54,6% étaient " modérément " exposées à des médicaments de ce type et 31,3% y étaient " fortement " exposées.
Association ou relation de cause à effet ?
Pendant ce follow-up, 446 patients (9%) ont subi des traumatismes suite à des chutes. Le risque de tels accidents, à un niveau grave, était plus élevé chez les patients qui recevaient des antihypertenseurs que chez ceux qui n'en prenaient pas. Il était plus important encore chez ceux qui avaient déjà eu précédemment des accidents de ce type. Bien sûr, font remarquer les auteurs de l'étude, cela ne signifie pas qu'il y a relation de cause à effet entre la prise d'anti-hypertenseurs et les chutes avec traumatisme. On ne peut exclure le rôle de facteurs confondants. Mais cette notion était déjà dans l'esprit des soignants.
Des précautions connues
Par ailleurs, la mise en évidence d'une association à travers une étude comme celle-ci doit inciter les médecins à la prudence dans la prescription d'anti-hypertenseurs. Avertir le patient et son entourage, suivre une progression lente dans le traitement et insister sur l'application des précautions classiques de prévention des chutes sont des mesures qui s'imposent. Pour rappel, les recommandations de l'ESH/ESC pour le traitement de l'hypertension artérielle chez la personne âgée préconisent une plus grande tolérance que chez les plus jeunes, dans le choix des valeurs cibles (entre 140 et 150 mm Hg pour la systolique chez les plus de 80 ans).