Echo 3D : à quand la quatrième dimension ?
Dans un " congress report " diffusé par l'ESC, Nico Bruining (Rotterdam) résume les débats d'une session qu'il a présidée à EuroEcho-Imaging 2013 (Istambul, décembre 2013) et envisage ce qu'on pourrait appeler la " quatrième dimension en échographie 3D ".
Il s'agit en fait de la fusion d'images échographiques entre elles ou avec celles obtenues à l'aide d'autres techniques d'imagerie cardiaque. Cette problématique a été évoquée à Istambul et l'auteur en reprend les principaux points. Mais Bruining commence par rappeler que l'écho 3D a aujourd'hui sa place bien réelle et qu'elle est de plus en plus utilisée en clinique. On peut même s'en servir, dit-il, pour guider des manoeuvres thérapeutiques comme le TAVI ou les procédures de type " Mitra-clip ", ou encore l'ablation ou l'évaluation des plaques aortiques.
Toujours mieux, c'est possible
Malgré ses performances actuelles, qui sont déjà remarquables, les possibilités d'améliorations ultérieures de l'échocardiographie en 3D existent toutefois. C'est ce qui a été démontré à Istambul. Ainsi, Harald Becher (Canada) a expliqué qu'en parvenant à fusionner plusieurs images en temps réel de l'échographie transthoracique en 3D, la qualité de l'image résultante s'en trouvait nettement renforcée. Un autre domaine dans lequel l'apport de la fusion d'images pourrait s'avérer précieux, a aussi souligné Johan Bosch (Rotterdam) est celui de l'exploration de l'oreillette gauche, en vue d'améliorer les procédures d'ablation. A leur stade actuel, en effet, l'imagerie des courants et la cartographie ne donnent pas toujours entière satisfaction. Ainsi que l'a montré Bosch, la fusion d'images d'échographie transoesophagienne en 3D fournit une meilleure perception de la structure locale et facilite le repérage en cas d'ablation par cathéter. Dans le même ordre d'idées, David Liang (USA) a montré quant à lui la place de ces nouvelles techniques d'imagerie dans la salle d'intervention, que ce soit pour la planification du traitement, le guidage des procédures et les manoeuvres électrophysiologiques.
L'aorte, de haut en bas
Mais les acquisitions multiples, même au moyen d'une technique unique, ont également leur intérêt. Au congrès d'imagerie cardiaque, Enrico Caiani (Milan) a montré des documents concernant la fusion d'images multiples acquises en échographie transoesophagienne 3D. Cette manière de procéder permet en effet de compenser l'impossibilité de fabriquer en une seule acquisition l'image d'une aorte entière. Mais il faut alors disposer d'une méthode permettant la reconstruction. Une telle procédure automatique a été mise au point à Milan. L'auteur expliqué au nom de son équipe le bénéfice qu'on peut en tirer dans la quantification des plaques aortiques et, partant, dans l'évaluation du risque encouru par le patient.