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Un nouveau signe de l'insuffisance cardiaque ?

Pourrait-on encore décrire de nouveaux symptômes ou signes de maladies courantes ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est encore possible. Un tel événement se produit de temps en temps et c'est même ce qui est récemment arrivé à propos de l'insuffisance cardiaque. Même si le constat n'est pas tout-à-fait nouveau, une dyspnée particulière est désormais mieux comprise.

Dr Jean Andris - 3 mars 2014

Penchés vers l'avant
Ayant remarqué que de nombreux patients se plaignaient de dyspnée lorsqu'ils se penchaient en avant, par exemple pour mettre leurs chaussures, Thibodeau et al. ont mené une étude comprenant 102 patients atteints d'insuffisance cardiaque systolique et envoyés pour cathétérisme du coeur droit au département de cardiologie de la Georgetown University de Washington. Le délai de survenue de ce signe a été mesuré chez ces patients avant la manoeuvre. Quarante-six d'entre ces patients ont subi l'examen hémodynamique en position assise penchée en avant. Les patients ont ensuite été répartis en fonction de leur profil hémodynamique, selon que la pression artérielle pulmonaire d'occlusion était ou non, supérieure ou égale à 22 mm Hg et que l'index cardiaque était ou non, inférieur ou égal à 2,2 L/min/m².

Presque un sur trois
Au total, la dyspnée en position penchée en avant, que les auteurs appellent " bendopnea ", était présente chez 29 des 102 patients étudiés. Le délai médian d'apparition de ce signe était de 7,11 secondes. Les personnes qui présentaient ce signe accusaient une pression auriculaire droite en décubitus dorsal et une pression artérielle pulmonaire d'occlusion, supérieures à celles des patients qui ne présentaient pas de " bendopnée ". Mais l'index cardiaque ne différait pas entre les deux groupes. Lors de l'inclinaison en avant, les pressions en question augmentaient de manière similaire dans les deux groupes de patients mais l'index cardiaque ne se modifiait pas. En décubitus dorsal, on trouvait trois fois plus souvent chez les patients " bendopnée " positifs, un profil hémodynamique caractérisé par une pression artérielle pulmonaire d'occlusion élevée et un index cardiaque faible. Et les auteurs n'ont pas trouvé, parmi ces patients positifs, de cas où la pression artérielle pulmonaire d'occlusion était élevée et l'index cardiaque, normal.

Une aide à l'appréciation ?
L'explication, considèrent les auteurs, réside donc vraisemblablement dans une augmentation supplémentaire des pressions de remplissage lors de l'inclinaison vers l'avant, chez des patients dont ces pressions sont déjà élevées avant l'adoption de cette position. Ce serait particulièrement vrai si l'index cardiaque est diminué. En portant son attention sur ce signe (pourrions-nous le traduire par " dyspnée de procubitus ?) il est possible, concluent Thibodeau et al., qu'on puisse améliorer l'appréciation non invasive de l'hémodynamique chez les patients en insuffisance cardiaque.

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