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Il n'y a pas de " petite " hypertension

Une méta-analyse révèle que la " préhypertension " n'est pas si anodine que cela puisqu'elle est associée à un risque légèrement accru d'accident cérébrovasculaire.

Dr Jean Andris - 18 mars 2014

Il y a un petit désaccord entre les cardiologues de l'un et de l'autre côté de l'Atlantique : les uns parlent de " préhypertension " tandis que les autres préfèrent la notion de tension normale haute. On parle en fait d'une systolique comprise entre 120 et 139 mm Hg et d'une diastolique entre 80 et 89. Mais là ou tous parlent d'une même voix, c'est pour dire que l'hypertension artérielle est un facteur de risque majeur d'accident cérébrovasculaire. Et en fait, qu'en est-il de la tension normale haute ?

Des auteurs ont fait le recensement des études qui fournissent à la fois des données sur la préhypertension et sur les accidents cérébrovasculaires. Ils ont retenu les études prospectives qui estimaient le risque relatif en analyse de multivariance, après ajustement et avec un intervalle de confiance à 95%. L'ensemble concernait en fin de compte 19 études totalisant 762.393 patients. Ceux-ci ont été répartis en " préhypertension basse " (120-129/80-84 mm Hg) et en " préhypertension haute " (130-139/85-89 mm Hg). Des analyses de sous-groupes ont été réalisées en regroupant les patients selon leur niveau de pression artérielle, leur âge, le type d'AVC, le sexe, l'ethnie et les caractéristiques des études retenues.

Il ressort de cette gigantesque méta-analyse que la préhypertension augmente bel et bien le risque d'AVC par rapport à une tension normale (RR 1,66 ; 95% CI 1,51- 1,81). Même la " préhypertension basse " entraîne ce type de conséquence (RR 1,44 ; 95% CI 1,27-1,63), bien que l'augmentation de risque soit moins marquée que pour la " préhypertension haute " (RR 1,95 ; 95% CI 1,73-2,21). Cette différence entre les deux niveaux de préhypertension est significative (p < 0,001). Et ce qui est frappant, c'est que cela se retrouve dans tous les sous-groupes analysés.

La morale de l'histoire, c'est qu'il n'y a pas de " petite hypertension ". Tous les patients qui ont des chiffres un peu élevés, si peu que ce soit, devraient être convaincus de se soigner.

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