Infarctus : les femmes moins vite soignées que les hommes
Au Canada, les femmes ont plus de risques que les hommes de mourir d'un infarctus du myocarde en raison d'erreurs de diagnostic qui attribuent leur malaise à une crise d'angoisse.
Pour comprendre d'où provient cette différence, des chercheurs de l'Université McGill à Montréal ont interrogé 1.123 patients âgés de 18 à 55 ans hospitalisés dans 24 établissements canadiens, mais aussi dans un hôpital américain et un autre en Suisse. Les patients, tous atteints du syndrome coronarien aigu, ont répondu à un questionnaire dans les 24 heures suivant leur admission.
Les auteurs de l'étude ont constaté que, lors de l'arrivée aux urgences, les femmes ne sont que 29 % à avoir un électrocardiogramme (ECG) en moins de 10 minutes, alors que c'est le cas de 38% des hommes. Pire encore, moins d'une femme sur trois bénéficie d'une fibrinolyse en moins de 30 minutes. En outre, plus la patiente affiche des traits de caractère réputés féminins (gentillesse, douceur...), et moins elle a de chances d'avoir une angioplastie en moins de 90 minutes lorsqu'une artère est obstruée.
Pourquoi ce traitement à géométrie variable ? Explication des scientifiques : les femmes se rendent plus souvent aux urgences pour des douleurs thoraciques autres que cardiaques, dues par exemple à l'anxiété. Cette " habitude " tromperait les médecins qui ont alors tendance à sous-estimer les plaintes féminines, prises à tort pour des crises d'angoisse.
(référence : Canadian Medical Association Journal, 17 mars 2014, doi: 10.1503/cmaj.131450)