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Traitement endocrinien de courte ou de longue durée ? La génétique à la rescousse (EBBC 9 - Glasgow).

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L'analyse génétique montre que la réponse au traitement endocrinien est variable et certaines femmes en bénéficient plus que d'autres. Ce sont elles aussi qui pourraient tirer plus d'avantages d'un traitement sur 10 ans.

Pierre Dewaele - 26 mars 2014

Classiquement, la durée standard d'un traitement endocrinien est de 5 ans, mais différentes études ont montré qu'au-delà de cette limite, des bénéfices peuvent encore être attendus. Aujourd'hui, différents tests permettent de savoir au moment du diagnostic quelles seront les patientes à haut ou à bas risque de récidives comme OncotypeDx, IHC4 ou PAM50-ROR. Cependant, aucun test n'a été développé pour une utilisation spécifique après 5 ans de traitement.

L'analyse effectuée par l'équipe internationale s'est basée sur l'étude ATAC, acronyme pour Arimidex, Tamoxifen Alone or in Combination. Pour mémoire, il s'agit d'une étude de phase 3 randomisée en double aveugle qui a concerné des femmes présentant un cancer mammaire précoce ER+. Le choix du test génétique s'est porté sur OncoTypeDx. " Ce test nous permet d'obtenir des données sur 16 marqueurs génétiques et 5 gènes de contrôle ", explique Mitch Dowsett.

Dowsett et ses collègues ont pu évaluer 1125 patientes qui ont bénéficié d'un suivi moyen de 10 ans. Environ 90% des patientes étaient HER2- et il y a eu 215 cas de récidives en 10 ans. Toutefois, il existe des différences. Ainsi le taux de récidives est plus élevé chez les patientes HER2+ dans les 5 premières années après le diagnostic alors que les HER2- récidivent plus entre 5 et 10 ans après. " De plus, il apparait que chez les patientes chez qui l'expression des récepteurs hormonaux est élevée, le risque de récidive est plus que doublé dans les 5 années qui suivent passant de 5,7% durant les 5 premières années à 13,6% pour les 5 suivantes." A contrario, si le taux de récepteurs est bas au départ, le risque de récidives ne varie pas tellement : de 10,3% à 12,3%.

Ces résultats ont donc des implications majeures pour le traitement et le suivi. D'abord, les chercheurs estiment qu'il faudrait apporter plus d'attention à ces cancers ER+ réputés à bas risque, car le risque de récidives augmente après 5 ans... donc après l'arrêt du traitement hormonal. " On pense trop souvent que si le risque reste bas les 5 premières années, il en sera de même pour les suivantes. Nos résultats suggèrent plutôt qu'il est important de bien distinguer les différents groupes. " Voilà qui pourrait bien constituer un changement de pratique dans la prise en charge de ces patientes leur offrant donc l'opportunité de bénéficier d'une thérapie adjuvante plus longue. Par ailleurs, cela montre une fois encore l'intérêt des tests génétiques et leur répétition en cours de traitement afin de déterminer au mieux qui bénéficiera le plus de telle ou telle prise en charge...

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