Santé cardiovasculaire : vers une réhabilitation des acides gras saturés ?
Dans les années 1960, les acides gras saturés ont été accusés, entre autres, de favoriser les maladies cardiovasculaires. Cette vision est désormais considérée comme exagérée. Une nouvelle méta-analyse réalisée par une équipe pluridisciplinaire internationale remet en cause les recommandations sanitaires concernant ce type de graisses.
Les chercheurs ont passé au peigne fin 72 études dont 45 études de cohorte et 27 essais contrôlés randomisés portant sur plus de 650.000 personnes réparties dans 18 pays, et évaluant le lien entre le le risque de maladies coronariennes et la consommation d'acides gras polyinsaturés, saturés et trans.
A la lumière des données traitées, seuls les acides gras trans, que l'on trouve à foison dans les produits alimentaires transformés, comme les pizzas, les conserves ou les sauces, apparaissent clairement accroitre le risque cardiovasculaire. Par contre, cela ne semble pas être le cas pour les acides gras saturés. A eux seuls, ils ne seraient donc pas si dangereux. Combinés à d'autres facteurs de risque (tabac, sédentarité, hypertension artérielle), c'est bien sûr une autre histoire.
En conclusion, pour les auteurs, la clé d'une alimentation saine réside, avant tout, dans la diversité et la modération, notamment en ce qui concerne les graisses. Il ne s'agit donc pas d'éliminer totalement les acides gras saturés, dont notre corps a notamment besoin pour absorber les nutriments.
(référence : Annals of Internal Medicine, 18 mars 2014, doi:10.7326/M13-1788)