Team Working autour du coeur
Voir et faire, ce n'est pas la même chose. Mais en matière de cardiologie, celui qui fait les images et celui qui traite le patient doivent partager la même culture et collaborer. Au congrès de la Société Européenne de Radiologie, terrain des radiologues, les cardiologues ont été invités et ont répondu positivement à cette invitation.
Depuis 2007 déjà, à chacun de ces congrès, l'European Society of Radiology (ESR) invite une société européenne spécialisée dans une autre discipline, afin de marquer le caractère indispensable du partenariat entre l'imagerie et les spécialités d'organes. Cette année, le congrès d'imagerie s'est tenu à Vienne du 6 au 10 mars et c'est l'European Society of Cardiology (ESC) qui était partenaire.
Connaissance mutuelle
C'est un partenaire puissant, se sont plu à souligner les organisateurs du congrès: l'ESC est l'une des sociétés médicales européennes qui contiennent le plus de membres. Et d'ajouter que l'ESR et l'ESC ont beaucoup à partager, beaucoup à gagner en développant la collaboration plutôt qu'en pratiquant la compétition. Certes, le terrain de la cardiologie interventionnelle, qui fait grand usage de l'imagerie dans sa pratique quotidienne, est celui des cardiologues. Mais à côté de cela, les radiologues qui sont actifs en imagerie cardiaque ont intérêt à bien connaître les derniers développements en matière de cardiologie et de physiopathologie cardiaque. Il arrive en effet que le diagnostic ne soit pas formellement établi devant une douleur thoracique et que l'imagerie doive apporter sa contribution à l'interprétation de la clinique. Mais il faut aussi que le cardiologue soit initié aux possibilités et limites de l'imagerie, tout autant pour être à même d'en exploiter le potentiel que pour éviter de demander à la morphologie ce qu'elle ne peut apporter.
Une question émergente
Par ailleurs, une des questions émergentes est celle de la viabilité des tissus cardiaques après un infarctus du myocarde et surtout de l'étendue et de la localisation de la portion viable au sein de la zone d'ombre. La résonance magnétique peut répondre à cette question, si importante pour la prise de décision par le cardiologue. Mais pour répondre correctement, le radiologue doit comprendre parfaitement les besoins du clinicien. Et cela peut aller jusqu'à imposer ou tout au moins rendre souhaitable la présence du cardiologue au moment de l'acquisition des images. Plus encore, les autres spécialistes potentiellement impliqués dans la prise en charge du patient, comme par exemple le chirurgien susceptible de devoir réaliser des pontages, doivent eux aussi être intégrés dans ce travail d'équipe. Lorsqu'une intervention est envisagée, le radiologue, en effet, doit fournir au chirurgien les informations qui lui sont nécessaires et utiles pour choisir la meilleure option thérapeutique pour chaque patient qu'i aura à opérer. Une communauté de connaissances partagée par tous ces spécialistes est donc indispensable.
Le patient gagnant
Le travail d'équipe ainsi conçu renforce la qualité des prestations des uns et des autres et le patient s'en retrouve gagnant. Les deux co-présidents de la session " ESR meets ECR ", Panos Vardas (Grèce, pour l'ESC) et Valentin Sinityn ( pour l'ESR), n'ont pas cessé de le répéter. Cela veut dire aussi que l'organisation du travail doit être pensée en ce sens. Dans les grandes institutions, c'est déjà le cas au sein de centres cardiologiques intégrés.