Un ECG avant d'hospitaliser pour suspicion de SCA ?
Les guidelines recommandent de pratiquer un ECG à 12 dérivations avant hospitalisation chez les patients qui se rendent aux urgences avec une symptomatologie évocatrice de syndrome coronaire aigu (SCA). Cela permet de cibler la prise en charge dès avant l'admission, de déterminer vers quel hôpital diriger le patient et d'activer la mise en alerte du cathlab. Mais dans la réalité, quel est l'impact de cet ECG sur la thérapeutique et sur l'issue des événements pour le patient ?
Quinn et al. (Royaume-Uni) viennent de publier les résultats d'une étude qu'ils ont réalisée sur les cas de 288.990 patients hospitalisés via les urgences entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2009, repris dans un registre local.
Au cours de cette période, le recours à l'ECG à 12 dérivations avant hospitalisation est passé de 51% à 64% globalement. Pour le STEMI, il est passé de 64% des cas à 79%. Les patients qui en ont bénéficié étaient plus jeunes que ceux qui n'en n'ont pas subi (71 ans vs 74 en moyenne) et étaient moins souvent des femmes que dans le groupe sans ECG. Ils souffraient moins souvent de comorbidités.
Pour le NSTEMI, le recours à la reperfusion était plus fréquent après usage pré-hospitalier de l'ECG -12 électrodes (83,5% vs 74,4%). L'ECG était associé à une plus grande fréquence d'intervention coronaire percutanée, avec un délai " call to balloon " plus souvent inférieur à 90 min. (27,9% vs 21,4%). En cas de fibrinolyse, un plus grand nombre de patients ont été traités avec un délai " call to needle " inférieur à 30 min. (90,6% vs 83,7%). Chez ceux à qui on a fait un ECG, la mortalité à 30 jours était inférieure à celle des patients sans ECG pré-hospitalier (7,4% vs 8,2%).
La conclusion s'impose : il y a intérêt à réaliser un ECG avant hospitalisation chez les patients suspects de syndrome coronaire aigu.
Référence
Quinn T, Johnsen S, Gale CP et al. Effects of prehospital 12-lead ECG on processes of care and mortality in acute coronary syndrome: a linked cohort study from the Myocardial Ischaemia National Audit Project. Heart 2014; 0: 1-7. doi: 10.1136/heartjnl-2013-304599.