Le coeur du cardiologue et celui du généraliste
Le type de pratique médicale et la formation du médecin ont une influence sur la manière dont ils s'occupent du patient en insuffisance cardiaque.
Le traitement de l'insuffisance cardiaque comprend toute une série de mesures, dont la prescription de différents médicaments. Dans le cas des bêta-bloquants, il apparaît que les doses sont souvent suboptimales. Ainsi, les médecins généralistes et les internistes n'ont pas les mêmes habitudes de prescription. A quoi cela tient-il ? Il n'est pas dit que les raisons de cette différence sont les mêmes partout dans le monde mais il est intéressant de s'arrêter sur une étude menée aux Etats-Unis.
Patients défavorisés
Une enquête méthodologiquement validée a été menée auprès de patients d'ethnies différentes, en insuffisance cardiaque peu couverts par les assurances, habitant une zone du nord de la Californie, à faibles revenus économiques, mal desservis sur le plan médical. Les patients avaient en moyenne 54,1 (± 13,1) ans. Ils étaient surtout de sexe masculin (70%) et avaient en moyenne une fraction d'éjection de 28,2 (± 9,8)%. Ils ont été interrogés sur la prescription de bêta-bloquants qu'ils recevaient, sur leur recours aux ressources médicales avant et après un programme de formation prodigué aux médecins de famille et aux internistes.
Un rôle important
Il est apparu qu'après cette formation, les généralistes ont modifié plus souvent que les internistes les doses de bêta-bloquants qu'ils avaient prescrites. Ils ont augmenté le nombre des visites cliniques qu'ils effectuaient chez leurs patients en insuffisance cardiaque et se sont déclarés plus satisfaits que les internistes à propos de la formation reçue. En réalité, après cette formation, on ne décelait plus guère de différences entre les prescriptions de bêta-bloquants des généralistes et celles des internistes. Il est donc important, concluent les auteurs, de veiller à fournir aux généralistes des programmes adaptés de formation. Il n'y a rien d'étonnant à cela mais c'est l'occasion de souligner le rôle des spécialistes dans la formation continue des généralistes de leur hinterland.
Référence
Parka LG, Maharb D, Shaw RE et al. The impact of a heart failure educational program for physicians varies based upon physician specialty. J Clin Med Res. 2014; 6(3): 173-83.