Coeur artificiel : Carmat va demander le reprise de l'essai clinique
Près de 2 mois après le décès du premier patient implanté, le Pr Alain Carpentier, concepteur du coeur bioprothétique Carmat et cofondateur de la société du même nom, a rompu le silence dans un entretien accordé au Quotidien du Médecin.
Il a annoncé que Carmat va introduire une autorisation pour reprendre l'essai clinique d'implantation de son coeur artificiel, véritable espoir pour les patients qui souffrent d'insuffisance cardiaque, auprès de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et du comité de protection des personnes qui s'exprime sur les aspects éthiques des expérimentations.
Pour rappel, l'essai clinique porte sur quatre patients au pronostic vital engagé à brève échéance. Le premier, qui a été implanté le 18 décembre 2013, à l'hôpital européen Georges Pompidou à Paris, est décédé le 2 mars dernier, 75 jours après son opération. Les chercheurs s'étaient fixés une période de 30 jours de survie du patient avant de pouvoir affirmer que la tentative était probante. Le cap ayant été largement franchi, Carmat a donc décidé de maintenir son programme.
Selon le Pr Carpentier, un court-circuit du coeur était à l'origine du décès du premier patient. Toutefois de nombreuses rumeurs ont circulé suite à l'annonce de ce décès, dont certaines ont évoqué un arrêt de l'essai clinique. Une rumeur qui est donc démentie par Alain Carpentier. Celui-ci ne fournit cependant pas de calendrier pour la reprise, ni de détail concernant l'arrêt subit du fonctionnement de la prothèse.
Exhortant à la patience, il souligne aussi que, cette fois, les conclusions ne devraient être rendues publiques qu'à l'issue des quatre essais prévus, dans le respect des réglementations en vigueur. " Il est très inhabituel de communiquer les résultats d'un essai patient par patient ", ajoute-t-il.
Le Pr Carpentier précise encore que la recherche et le développement pour étudier toutes les améliorations souhaitables de la bioprothèse se poursuivra en même temps que les essais.