Maladie coronaire : il n'y a pas que le décès
Une étude complète les données utiles à l'évaluation du risque cardiovasculaire en prenant en compte plus que le seul décès et en intégrant le risque d'accident cardiaque majeur.
Personne ne doute que l'âge est en soi un facteur de risque cardiovasculaire. Il figure d'ailleurs en bonne place dans la grille d'évaluation SCORE de l'ESC et ses différentes versions nationales. Et une fois que le risque est connu, comme chacun sait, il faut prendre des mesures hygiéno-diététiques et pharmacologiques proportionnelles au niveau de risque identifié. Mais ne peut-on aller plus loin dans cette évaluation ?
D'autres types de risques
Des études antérieures ont tenté d'évaluer plus avant le pronostic en recourant à l'angio-CT cardiaque et se sont efforcées d'en mesurer l'intérêt dans cette optique. Mais elles se sont à chaque fois heurtées à une limitation, disent Nakazato et al. (USA), celle de prendre pour critère d'évaluation la mortalité pour toutes causes sans tenir compte des autres aboutissements éventuels de la situation. Pour outrepasser cette limitation, ils ont entrepris une étude recherchant une éventuelle relation entre l'importance et la gravité de l'atteinte coronaire et le risque d'incident cardiaque majeur (MACE : décès, infarctus et revascularisation tardive). Ils ont donc identifié des patients qui n'avaient pas de maladie coronaire connue et qui ont subi un angio-CT cardiaque et les ont suivis jusqu'à ce qu'ils aient un accident cardiaque majeur. Chez les 15.187 patients ainsi enrôlés, 595 MACE (3,9%) étaient totalisés au bout de 2,4 ± 1,2 ans de suivi. En analyse de multivariance, un risque accru s'est révélé en cas de maladie coronaire, tant obstructive (hazard ratio 11,21 par rapport aux personnes à l'angio-CT cardiaque normal; p< 0,001) que non obstructive (hazard ratio 2,43 ; p < 0,001). Le risque augmente aussi avec une relation de type dose-réponse en fonction du nombre de vaisseaux rétrécis de 50% ou plus.
L'âge, facteur de risque confirmé
Mais l'âge est aussi un critère. On le savait pour le risque de décès et cela se confirme pour le risque de MACE. Pour chaque facteur de risque cité plus haut, les plus de 65 ans ont un risque plus important que les moins de 65 ans. En fait, les auteurs ont observé, pour chaque signe d'atteinte coronaire à l'angio-CT cardiaque, une relation de type dose-réponse avec le taux de MACE à chaque décennie de la vie.