PremiumCardiologie

Hypothermie après arrêt cardiaque extra-hospitalier

Faut-il ou non réfrigérer un patient après un arrêt cardiaque hors de l'hôpital ? Et si oui, jusqu'à quelle température ? La question fait débat. Un expert senior envisage le pour et le contre dans un éditorial du BMJ et se montre très sceptique.

Dr Jean Andris - 8 mai 2014

En cas d'arrêt cardiaque hors de l'hôpital, de nombreux patients restent dans le coma suite à des lésions cérébrales de type hypoxique et c'est en fait la principale cause de décès après hospitalisation. L'hypothermie a montré son intérêt dans pareilles circonstances mais on discute encore sur la température à atteindre : 33 ou 36°C ? Il semble bien, d'après les essais les plus récents, qu'il n'y a pas d'avantage à descendre jusqu'à 33°C.

Des différences majeures
Toutefois, si beaucoup de similitudes existent entre les études à 36°C et celles qui sont descendues jusqu'à 33°, on peut relever quelques différences qui ont peut-être leur importance. Dans une des premières, les patients du groupe contrôle avaient une légère fièvre pendant les 24 premières heures de traitement. Il n'est pas certain que cela puisse faire une différence dans les résultats, explique Stephen Bernard (Australie) dans un éditorial du BMJ qu'il consacre à cette discussion. Par contre, les essais les plus récents à 36° étaient avant tout construits pour évaluer un pronostic chez les patients qui restaient comateux après le traitement initial. Et il s'était écoulé en moyenne 108h entre l'admission et le moment où le clinicien envisageait le pronostic, sauf pour quelques patients aux lésions nerveuses centrales avérées. Et contrairement aux essais à 33°c, les recommandations pour les soins palliatifs ont été formulées par des médecins qui ignoraient la répartition des traitements initiaux. Il est donc possible que les patients des essais les plus anciens (33°C) aient bénéficié moins souvent de soins palliatifs.

To low is too much
Dans les deux types d'essais, un délai appréciable s'est écoulé entre la réanimation et l'accès à la température cible de l'hypothermie. Il est possible qu'une mise sous hypothermie plus précoce eût été bénéficiaire, encore que ce ne soit pas le cas dans les études où elle a été induite immédiatement. Mais les résultats de nouveaux essais sont attendus.
Il faut aussi savoir que les équipements qui permettent d'entamer immédiatement une mise en hypothermie à 33° à partir de la surface (vestes et bancs réfrigérants) sont coûteux et que les équipements qui permettent ce refroidissement par perfusion sont délicats à transporter au cathlab.

Copie à revoir
Par conséquent, une hypothermie à 36° est moins difficile à réaliser qu'une hypothermie à 33°. Pour Stephen Bernard, c'est vers la première qu'il faut se diriger. Et il faut réévaluer son impact sur le pronostic de manière plus standardisée. Mais on n'a pas de preuve suffisante, pour l'instant, que l'instauration d'une perfusion de refroidissement avant l'hôpital présente un avantage.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
02 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine