Quels insuffisants cardiaques hospitaliser après l'urgence ?
Les experts lancent un appel à des études visant à dégager des critères qui permettraient de libérer plus tôt certains patients après un passage aux urgences pour décompensation cardiaque.
Il faut bien reconnaître que le traitement d'urgence de la décompensation cardiaque s'est peu modifié ces dernières années, a fait remarquer Sean Collins (USA) au congrès Heart Failure qui se termine aujourd'hui 20 mai à Athènes. La prise en charge classique comprend la prescription de diurétiques. Mais des résultats préliminaires d'études récentes suggèrent que le recours à des vasodilatateurs pourrait contribuer de manière positive au traitement initial de ces patients. Mais on connaît encore trop peu de choses sur la prise en charge en urgence et des études réalisées dans les services concernés devraient être entreprises.
Organiser la suite
Une question importante est néanmoins de savoir quels sont les patients que l'on peut laisser rentrer chez eux après l'épisode aigu, sans les hospitaliser. Il ne faut pas perdre de vue que nombre de ces patients souffrent aussi de comorbidités telles que maladie coronaire, BPCO ou atteintes rénales, qui peuvent précipiter un nouvel épisode. Il faut bien reconnaître que jusqu'à présent, on ne dispose pas de beaucoup de données à ce sujet, alors que le retour précoce et sans danger de certains patients à leur domicile permettrait de faire de substantielles économies. Mais cela supposerait aussi un suivi à domicile et le développement de programmes d'éducation des patients à leur maladie.
Stratifier les risques
A ce point de vue, renchérit Abdelouahab Bellou (France), la stratification du risque laisse encore à désirer, en particulier à cause des comorbidités. Les profils cliniques sont divers et la prise en charge reste trop standardisée sans tenir compte suffisamment de ces profils. Il faut absolument passer à une étape ultérieure, qui consisterait à déterminer quels sous-groupes de patients, caractérisés par des mesures objectives après l'évaluation initiale, pourraient faire l'objet d'un traitement plus spécifique en fonction de leur niveau et de leur type de risque. Le taux de réhospitalisation, en plus d'être un critère de qualité des soins initiaux, pourrait constituer un repère pour initier de telles études.
Affiner les méthodes
Mais il faudrait encore, insiste le spécialiste français, affiner les méthodes diagnostiques en utilisant mieux les biomarqueurs (entre autres le BNP) et l'échocardiographie. Et même si elles sont perfectibles, les guidelines devraient être mieux appliquées. Bref, on peut encore améliorer de nombreux aspects de la prise en charge des patients en décompensation cardiaque.